Élèves qui n'acceptent pas la contrainte !


#1

Bonjour à tous,

j’arrive dans une école et je mets en place des temps d’autonomie dans ma classe de TPS-PS-MS. Je n’ai que des activités complémentaires pour l’instant. C’est calme, les enfants communiquent, partagent. ça fait vraiment du bien ! J’aimerais que mes plages horaires en autonomie soient plus longues. Mais je suis tiraillée, mise en doute !

Ma collègue qui a les MS-GS me dit que les MS qui sont restés dans ma classe n’aiment pas travailler sous la contrainte (ce qui n’est pas faux !). Et que si, cette année encore, ils n’apprennent pas à travailler sous la contrainte ça sera difficile l’année prochaine pour elle !

J’argumente comment ?!

Merci pour votre aide !


#2

Tu peux lui demander si elle travaillerait mieux (sans parler même de plaisir) si on lui imposait une pédagogie et un emploi du temps détaillé sans lui laisser le choix :smiley: Je pense qu’elle ferait comme tout le monde et crierait au scandale.
Blague à part je ne saurais te dire mais je vais suivre ce sujet avec attention. C’est ma grande inquiétude aussi (année 0, je crains l’année prochaine - je suis en niveau simple MS et peu de chances d’avoir un double niveau l’année prochaine).


#3

Je commence ma 3ème année en ateliers autonomes. J’ai les PS et les MS. Voilà donc 2 ans que ma collègue qui fonctionne en traditionnel récupère mes élèves. Je l’ai interrogé plusieurs fois et pour elle cela ne pose aucun souci. Les enfants se sont parfaitement adaptés, même si je crois (mais là, ma collègue ne m’a rien dit à ce propos) qu’ils gardent une forme d’esprit de liberté et qu’ils expriment plus facilement leurs sentiments (“je n’ai pas envie de faire ça”).
Les parents ont aussi plusieurs fois exprimé leur inquiétude à ce sujet mais ont ensuite été rassurés…et rassurent maintenant les mes nouveaux parents d’élèves.
Es tu sure que ta collègue n’exprime pas autre chose… une forme d’inquiétude face à un changement de pratique qu’elle ne comprend pas , la peur qu’on lui impose une façon de travailler qui ne lui conviendrait pas, que les parents fasse pression , critiquent sa façon de faire???
Ce serait une façon de se protéger des critiques, en pointant des “inconvénients”.
Le fait est que, pour les collègues qui nous suivent, je pense que ce n’est pas évident surtout sur ce point: le regard des parents sur leurs pratiques, d’autant plus s’ils ont été convaincus par le travail en ateliers autonomes.
Je n’ai pas de réponse à ce sujet. Pour ma part, je veille toujours à ne pas critiquer les pratiques de ma collègue qui fait d’ailleur un très bon boulot et j’explique aux parents que le fait de rencontrer plusieurs façon d’enseigner, permet aussi aux enfants d’apprendre à s’adapter et que c’est un point très important dans la vie!


#4

Je ne crois pas que ce soit un problème par rapport à sa pratique. Je pense aussi qu’elle fait du bon boulot.
Je crois qu’elle a vraiment peur de se retrouver avec des enfants qui n’ont envie de rien faire.
J’ai l’impression, qu’elle pense qu’ils ne font rien par eux même, que si on ne leur demande pas de travailler ou d’apprendre, ils ne le feront pas par eux-même.


#5

Mais c’est tout le contraire pourtant ! Plus on va les contraindre et moins ils auront envie de faire par eux-mêmes, je suis persuadée que c’est en s’y prenant ainsi qu’on rend les enfants passifs et complètement déconnectés de leur soif d’apprendre ! Et puis, tu peux rassurer ta collègue en lui disant que des règles et des contraintes il y en a aussi dans ta classe : ranger son activité quand on a terminé, ne pas déranger le copain qui travaille, laisser propre l’endroit où on a travaillé, prendre soin du matériel … J’imagine que tu fais des regroupements, ces moments sont aussi plein de contraintes : rester assis, demander la parole, se taire pendant l’histoire … Et si tu fais de la motricité, là aussi il y a des contraintes ! Quelque soit la pédagogie utilisée, vivre en collectivité nécessite d’obéir à des contraintes, nos élèves doivent apprendre à gérer leurs frustrations autant que dans d’autres classes (et notamment en début d’année, quand ils voient tout ce beau matériel et que nous leur disons “non, attends, pas encore, il faut d’abord que tu t’entraînes avec ceci, ou avec cela”). Dans le programme, il est bien écrit que notre mission est de donner l’envie d’apprendre à nos élèves, est-ce en leur imposant du travail et en les “dressant” qu’on y arrivera ?


#6

CJe rencontre le souci cette année, j’avais l’année dernière des ps et j’étais très contente de la classe et de l’évolution de chacun, mais cette année ma collègue qui les a récupérés s’arrache les cheveux car elle n’arrive pas à les mettre au travail pendant ses ateliers dirigés traditionnels, ils disent qu’ils n’ont pas envie, pour la plupart c’est soit trop facile soit trop dur et du coup c’est difficile pour eux et pour elle. Elle ne remet pas forcément en question mon fonctionnement mais aime bien le sien et regrette qu’on ne soit pas plus en harmonie. Du coup on essaye de trouver des compromis, c’est ca aussi une ecole, et elle commence à installer dans sa classe des ateliers autonomes que les élèves pourront prendre une fois les ateliers dirigés termines, et moi je vais installer une plage horaire d’une vingtaine de minutes d’ateliers imposes sur table, des choses très simples, gommettes, page à modeler, collage… pour les préparer à la suite. Ca leur convient ( donc à moi aussi!) . Et ma collègue a commencé à proposer quelques plateaux simples et trouve que ca marche super bien ( forcément, ils ont l’habitude) et je pense qu’elle va en rajouter, je la laisse faire son chemin on verra jusqu’où ça ira, et en attendant j’essaie de m’adapter


#7

Bonjour Bleu-Cerise,

J’ai mis en place la pédagogie avec un libre choix depuis 3 ans (en TPS-PS-MS). Maintenant cela fonctionne bien mais malgré tout je garde un temps de travail imposé car ma collègue travaille quasiment toute la journée de cette façon. Ce temps se met en place petit à petit :

  • début septembre : 100% autonomie
  • mi septembre : un atelier MS avec moi “ouvert” (les MS sont obligés d’y participer au moins une fois, les petits désireux d’essayer sont les bienvenus - même matériel mais consigne jadapté à leurs capacites)
  • octobre : un atelier MS en autonomie + un atelier dirigé pour les PS volontaires.
  • novembre décembre : petit à petit tous les PS sont attirés par les ateliers qui restent disponibles plusieurs jours (les fabrications de Noël aident…)
  • janvier : tous les PS choisissent un atelier parmi les 3 ou 4 à leur disposition
  • mars : ateliers imposés avec rotation par groupe de couleur.
  • juin : ils sont prêts pour intégrer la classe de ma collègue.

Les apprentissages se font principalement sur les temps en autonomie.
Sur le temps dirigé ils apprennent à réaliser une tâche demandée au moment demandé avec le matériel et les contraintes imposées.

Et le fait de voir évoluer les élèves dans les deux fonctionnement est très enrichissant car certains se sentent plus à l’aise dans l’un ou dans l’autre.

Bon courage


#8

@Sandrine Je te remercie vivement pour cette réponse car c’est, du coup, ce que je vais mettre en place aussi dans mon CP. Je souhaitais faire une transition la moins traumatisante possible entre la maternelle et ma collègue de CE1 et je pense que c’est exactement comme toi qu’il faut faire…
@Bleu-cerise: ta collègue pourrait peut-être expliciter le lien entre ce qu’elle demande à ses élèves et ce qu’ils ont fait dans ta classe. Par exemple, en graphisme: tu vois, c’est pour ça que ta maîtresse de l’année dernière t’a fait transvaser des graines, pour que ce soit plus facile pour toi de tenir un crayon: regarde, tu mets tes doigts sur le crayon comme sur la cuillère…