Apprendre à dormir seul la nuit : comment faire ?


#21

Bien sûr, mais dans ce cas là, on ne dit pas qu’on le fait “pour le bien de l’enfant”, comme le laisse penser ces méthodes où il y a violence, mais “pour le bien des parents”, ce qui est évidemment tout à fait possible à entendre, mais tout à fait discutable aussi.
Pour “bien dormir”, il y a mille possibilités, pas seulement de forcer un enfant à dormir sans sa chambre, quitte à le laisser pleurer et à bloquer la porte. Que cela arrive quand on n’en peut plus, passe encore, mais écrire cela en le présentant comme une méthode, même présentée comme plus douce que d’autres, je ne suis plus d’accord. Que chacun puisse prendre et laisser, j’en suis convaincue aussi, mais hisser cet ouvrage sur un promontoire, sachant qu’il contient de la violence, me met mal à l’aise.

Évidemment dans la pratique chacun fait comme il peut, avec les ressources qu’il a, et devrait pouvoir s’autoriser à faire ce qu’il pense le plus juste au fond de lui sans avoir à subir les discours des uns et des autres, et s’autoriser à faire des erreurs.
Mais la chance d’avoir des lieux d’échanges pour réfléchir théoriquement et critiquer ces ouvrages me laisse penser que c’est de notre devoir d’adulte de toujours prendre le temps de vérifier si ces méthodes/conseils/discours sont réellement non violents ( parce que " éducation positive" , " éducation bienveillance", " discipline positive" ne veut malheureusement pas toujours dire non violent…). Dans la pratique, on invente, on adapte, on fait avec ce que l’on est, on devrait d’ailleurs pouvoir être aidé et accompagné pour que la fatigue et nos propres besoins ne nous empêche pas de répondre à ceux de nos enfants. Mais lorsqu’il est question de “militer” pour le respect des enfants, pour le droit à une enfance non violente, alors il me semble que l’on peut s’interroger plus profondément, et prendre le recul nécessaire pour remettre en question ce que l’on lit sans juger les pratiques de qui que soit mais simplement pour aller plus loin, vous ne pensez pas ?


#22

Bonjour à tous en ce bon dimanche !

Je réponds à “papillon” qui pense que la méthode du livre d’Anna WAHLGREN est très violente.
Pour avoir lu et mis en application cette méthode, je vous assure qu’elle n’est pas ce que vous décrivez en négatif.

Si vous l’avez lu, vous savez qu’au contraire l’auteure est contre le fait de laisser pleurer l’enfant. Elle donne des outils pratiques très clairs pour permettre à l’enfant de se calmer très rapidement. Cette méthode ne ressemble pas du tout à l’autre methode nommée " 5/10/15" qui consiste à laisser pleurer l’enfant et à venir le voir de façon espacée au bout de 5 min puis 10 min etc. Je ne suis pas du tout d’accord pour ma part avec cette façon de faire que je trouve en effet violente pour l’enfant.

Celle du livre “au dodo les petits” d’Anna WAHLGREN, au contraire explique les 3 règles clés de la methode :

  1. le calme
  2. la sécurité
  3. le plaisir

Dès la mise en place de cette methode il y a 1 mois maintenant, on a senti que les outils de cette methode apportaient très vite du réconfort à notre fille. Ses pleurs se sont très vite calmés et une réelle écoute s’est instaurée entre elle et moi ou elle et mon mari.

La comptine " bonne nuit, fais dodo" que nous devions répéter 4 fois de suite avait un effet très rassurant pour elle. Elle se taisait pour nous écouter puis pleurait quelques secondes ( pour nous poser des questions ). Après l’avoir écoutée, je lui disais de nouveau 4 fois de suite la comptine " bonne nuit, fais dodo" sur un ton variable en fonction justement de ses pleurs.

Notre fille découvre depuis 10 jours environ le plaisir d’être au lit. Elle ne pleure plus mais babille, parle pour s’endormir. Parfois, elle s’endort même quasi instantanément dans le silence.

Je sais pour l’avoir vécu pendant 1 an que le manque de sommeil pour les parents et pour l’enfant est très nocif. J’ai plusieurs de mes amis dans des situations similaires qui ont acheté l’ouvrage et ont démarré cette méthode car justement elle est respectueuse je trouve de l’enfant. Celui-ci est écouté, aimé et aidé dans son sommeil avec des outils rassurants.

Mon souhait est que chaque famille puisse vivre harmonieusement dans la joie.
Ce livre nous a permis de le faire avec douceur.
Belles aventures à tous, la vie est belle :smiley:
Elodie


#23

Le sujet du sommeil est épineux, parce qu’il touche la sphère de l’épuisement parental, qui peut devenir dangereux, pour les parents et les enfants. Vous le dites judicieusement, à chacun de trouver la solution qui convient le mieux à sa situation familiale. Personnellement, à la naissance de ma 2ème, il y a 3 ans, j’ai voulu appliquer à la lettre les conseils de bienveillance qu’on m’avait donnés (avec beaucoup de pression pour le coup) : allaitement à la demande, cododo, jamais un pleur… Au bout de 2 mois, j’étais totalement épuisée. Je n’ai écouté plus personne et je suis allée chercher la réponse au fond de moi: une après-midi, je l’ai laissée pleurer, peut-être 30 minutes, je ne sais plus. Ouh la vilaine mère ? Non, j’ai fait ce qu’il fallait à ce moment précis, si je l’avais prise dans mes bras, je ne sais pas ce qui se serait passé… Pourtant, je suis absolument contre la violence éducative et j’ai le sentiment de faire ma part pour construire la bienveillance envers les enfants. Mais celle-ci doit être vécue à tous les niveaux: envers les enfants, envers les adultes, envers soi-même. Des adultes à bout, épuisés, ne peuvent pas être bienveillants envers des enfants. Quand on est maman ou papa, on a tendance à toujours faire passer le bien-être de ses enfants avant le sien. Parfois, il est primordial (ne serait-ce que pour le bien-être de ses enfants !), de penser à soi d’abord.
Belles nuits à vous tous !
Anne


#24

Oui c’est compliqué. Après les explications consistant à dire à l’enfant “là je n’en peux plus et il faut que tu me laisses tranquille. J’ai besoin de repos.” Je recommande moi aussi un livre qui hypnotise l’enfant (et la maman aussi d’ailleurs;-) Le lapin qui veut s’endormir. Endormissement assuré pour tout le monde!
Après pour les réveils nocturnes, personnellement je dis simplement “Je dors là, je ne peux pas me lever”. Ca marche plutôt bien en fait.


#25

Je suis tout à fait d’accord avec vous. Je suis moi aussi séparée avec un pti garçon de 2 ans 1/2. On dort dans la même chambre, chacun a son lit mais le soir il aime s’endormir avec moi sur mon lit. Quand j’ai envie de me coucher plus tard, je lui explique et il arrive alors à s’endormir seul. Et la nuit quand il se réveille, il m’appelle et comme je suis juste à côté, ça nous permet à tous les deux de nous rendormir rassurés…


#26

Effectivement, on dit “pour le bien-être des parents”. Mais dans la relation parent-enfant, le bien-être de l’un est nécessaire à celui de l’autre.
C’est un équilibre fragile, et chacun doit à un moment perdre de son confort (ou même de son besoin) quand l’autre en a encore plus besoin que lui.
Évidemment c’est le plus souvent le besoin du petit qui prime… sauf quand celui du parent devient plus urgent. C’est alors aussi que le parent doit entendre la :rotating_light:sirène d’alarme​:rotating_light:, et se faire aider de toute urgence par un autre adulte. En cela les groupes de rencontres entre parents et les forums spécialisés peuvent être de véritables bouées de sauvetage. La mienne a été celle-ci : L’arbre à bébés, avec son [forum] (http://www.larbreabebes.fr/forum/). Et il en existe certainement beaucoup d’autres !


#27

Bonjour,
En fait, je ne comprends pas pourquoi nous nous obstinons tant!

Les bébés (et jeunes enfants) trouvent un maximum d’apaisement auprès de leur maman; ils dorment mieux s’ils sont apaisés. La présence, l’odeur et la respirations maternels, etc. les rassurent (pour dormir, l’espacement avec le bébé est à ajuster en fonction de chacun, de chaque contexte).

Cette période dure peu. Qu’est-ce qu’une ou quelques années dans la vie d’un adulte? Alors qu’elles représentent à la fois une période essentielle et d’une grande vulnérabilité pour l’enfant. Et il est si évident à mes yeux que tous les enfants parviendront un jour à dormir seuls, lorsqu’ils seront prêts! C’est simplement évident. Je suis convaincue que si nous n’étions pas si pressés, notre société serait moins consommatrice de somnifères et autres… Que penser de nous alors, les adultes, qui dans l’ensemble préférons également dormir accompagnés?

Nous devrions être capables d’inventer autre chose durant ces premiers temps de vie qui passeront si vite: nous serons tous bientôt seuls, les enfants au loin. Et nous nous plaignons souvent de routine amoureuse, voilà une belle occasion de faire preuve d’imagination et ainsi, de bousculer joyeusement nos vies de couple!

Connaissant d’autres cultures, par exemple la culture japonaise et étant moi-même française, je suis choquée par notre “gestion” à la française du sommeil des enfants, gestion sans lucidité ni discernement, très compliquée aussi, selon moi… Au Japon, par exemple, les enfants dorment dans la même pièce que leurs parents jusqu’à ce qu’ils en aient assez, c’est-à-dire aux environs de la fin de l’enfance et du début de l’adolescence. Par ailleurs, il y a de quoi s’inspirer dans de nombreuses autres cultures à travers le temps et l’espace, la nôtre étant relativement anecdotique, en fin de compte.

J’émettrais une seule réserve: si nous changeons nos habitudes du tout au tout, il faut nous attendre à rencontrer quelques difficultés peut-être et à effectuer des ajustements… Là aussi, faisons preuve de discernement et d’imagination.

Bien sûr, rien n’est idyllique et parfait. En résumé: soyons plus simples, inventifs et confiants.

Voilà, je sais que mon propos carré met un peu les pieds dans le plat et vous prie de m’excuser s’il a pu choquer certains d’entre vous.
Je vous souhaite beaucoup de douceur…
Maman de deux enfants, 6 ans et 9 mois


#28

Le sommeil ne consiste-t-il pas en une période quotidienne de plus grande vulnérabilité, du fait même d’être “absent” à soi-même?

Que nous indique cette vulnérabilité nocturne ajoutée à la vulnérabilité inhérente à l’enfance?

N’avons-nous pas tous essentiellement besoin d’un fort sentiment de sécurité afin de plonger sereinement dans le sommeil?

Où les enfants puisent-ils ce sentiment de sécurité?

Ne faut-il pas du temps afin que ce sentiment s’intériorise complètement et émerge naturellement uniquement de soi?

A quel(s) âge(s) observez-vous ce phénomène dans tous les aspects de la vie de vos enfants?


#29

Merci pour ces messages…si justes et profonds…Oui, la nuit on a besoin d’être ensemble aussi, bien souvent, même si cela demande de repenser notre propre histoire. Le tour du monde des pratiques remet bien les choses en place ! Dans beaucoup de cultures, dormir chacun dans sa chambre est inimaginable ! Oui, nous sommes pressés, toujours pressés, pressés que les enfants “fassent leurs nuit”, " mangent du solide", “apprennent ceci ou cela”. Et puis ensuite, on réalise que ces premières années si intenses sont passés trop vite…Ce serait si différent si l’on donnait à tous les parents les moyens de rester avec leurs enfants pendant plusieurs années, d’être réellement disponibles pour eux…


#30

Un livre intéressant : dormir sans larmes de Rosa Jove


#31

cette discussion me remue beaucoup… elle me renvoie à un temps sombre où mes nuits étaient courtes et entrecoupées…où en deux ans j’ai pris 10kg après la naissance car je mangeais pour “tenir debout”… Mon petit ne faisait pas ses nuits, souffrait d’un RGO…je passais des heures à le maintenir contre moi, le plus verticalement possible, calée par des oreillers et autres coussins d’allaitement, berçant , le berçant, ME berçant au milieu de ses larmes et des miennes…bon sang que j’étais fatiguée… Et le matin venu, les yeux en bas des joues, je me préparais pour aller faire classe à 26 élèves…exténuée mais faisant bonne figure… Pas un toubib ne m’a arrêtée alors que je chialais d’épuisement dans leur cabinet…voilà voilà ma petite dame, hein, du mopral et qq mois encore, quand il aura la station assise, quand il marchera… vous nous feriez pas une petite déprimounette, un baby blues??? Non monsieur, je veux DORMIR !!! C’est mon petit troisième, je sais que je ne fais pas un baby blues…
Bref, voilà, il aura fallu deux ans pour que ce petit dorme, qu’il ne vomisse plus 5 fois par jour, qu’il puisse être dans son lit (incliné à fond le matelas !)… Je n’ai pas vécu ça avec mes deux plus grands. Pour le second je me rappelle même que j’étais un peu émue quand je me levais pour l’allaiter la nuit vers 7 mois, me disant que bientôt ce temps doux finirait… Avec les nuits en pointillé, ma tête en papier mâché, mon moral au fond du seau… je peux vous dire que personne ne peut donner de leçon à personne. Nous n’avons pas tous la même tolérance au manque de sommeil… Comme cadeau de naissance, moi, j’aurais rêvé que mes copines m’offrent chacune leur tour une nuit dans une tente au fond de mon jardin, avec boules quies, au cas où… Chères mamans et chers papas de tous horizons, je nous chéris, je nous admire, je nous tire mon chapeau, je nous envoie des brassées de courage ! Nous sommes si merveilleux d’être ce que nous sommes parfois !!!
Désolée pour ce message si long… cela fait 6 ans que je re-dors comme une bienheureuse, mais cette période est encore marquée au fer rouge dans ma mémoire…
C, maman de trois gars, 15, 11 et 8 ans…


#32

Maman d’un enfant de 16 mois, je suis également confrontée au même problème des multiples réveils nocturnes. J’arrive à gérer la chose en ayant un lit bébé pour cododo, objet très courant en Allemagne où il est considéré comme normal et même préférable que le bébé soit dans la chambre parentale la première année. Bon chez nous la première année est il est vrai déjà révolue!
L’avantage du lit cododo c’est que l’enfant qui se réveille peut rouler vers sa maman encore semi-endormie. Ou, le cas échéant, il suffit à la mère de tendre le bras pour attraper l’enfant et le tirer vers soi. Ni l’enfant, ni le parent n’a ainsi à se réveiller complètement et tout le monde se rendort assez vite.
Je préférerais de loin ne pas avoir mes nuits entrecoupées, mais ces réveils nocturnes sont ainsi limités à quelques courtes minutes, encore engourdie et je me rendors vite.
Je pense que je vais bientôt tenter d’expliquer à mon bébé que je souhaite moins de réveils et qu’il doit aussi essayer de se rendormir seul, probablement d’ici un mois ou deux, dans une période calme, sans voyage ou poussée dentaire. Mais dans tous les cas, je ne peux me résoudre à le laisser pleurer.