Initiatives politiques locales


#1

Bonjour,

Je ne suis pas enseignant, je suis un simple citoyen (développeur informatique est mon métier) qui a été convaincu par la méthode Alvarez avec la lecture des lois naturelles de l’enfant. Beaucoup de choses ont résonné en moi par rapport à ma propre éducation et à celles de mes amis. Depuis, je me demande comment je pourrais agir pour faire adopter plus largement cette méthode, afin que, je le crois, les individus et la société se portent mieux.

Je suis originaire de Marseille et je suis très attaché à ma ville, même si je n’y vis plus. Pour les élections municipales de cette année, j’ai écrit dans un document illustré d’une trentaine de pages mes idées pour améliorer la ville et je l’ai envoyé à tous les candidats à l’élection. J’ai consacré une partie de mon document à la promotion de la méthode Alvarez, pour convaincre les futurs idylles de transformer les maternelles d’un quartier ou d’un arrondissement, en cherchant les assentiments des directeurs et du ministère.
En effet, les municipalités ayant en charge l’enseignement public du premier degré, elles me semblent être un bon maillon pour faire reproduire à une plus large échelle la méthode Alvarez. Ça permettrait de tester si l’on peut reproduire les résultants si probants présentés dans lois naturelles de l’enfant, afin d’imaginer ensuite une généralisation à la France entière.

J’ai eu assez peu de réponses à mon document, quelques échanges de mails, et un appel d’un petit candidat. Aucun des conversations n’a porté sur la transformation des classes maternelles.

Je voulais savoir s’il existe déjà des initiatives portées par des territoires (département, commune, etc), de mutations de classes maternelles en grand nombre. Je connais déjà la formation financés par le ministère de l’enseignement de la Wallonie suivie par des centaines d’enseignants. Est-ce qu’une telle initiative, “venant d’en haut”, même d’ampleur plus modeste, a déjà eu lieu en France ?


#2

Bonjour, il n’y a pas de méthode “celine Alvarez”…elle s’est clairement inspiré de la pédagogie Montessori.

Si vous voulez aider à “propager” cette belle réussite… il faut deja travailler avec les municipalités pour que: 1) toutes les écoles maternelles travaillent en multi-âge ( c’est la base!! et ça coute rien et facile à mettre en place) , 2) former tous les enseignants de maternelle ( sans pour autant faire du 100% montessori dans les écoles, mais pour comprendre les fondements, les périodes sensibles des enfants et la méthode utilisée pour l’entrée dans la lecture) …il y a des formations de découverte autour de 500€ par personne avec l’organisme “apprendre Montessori” qui peut venir former les enseignants dans les écoles. A Marseille, c’est Alexandre d’Esclaibes qui gère cela.


#3

@clopatre1, ce ne sont pas les municipalités qui décident des répartitions dans les écoles mais les équipes enseignantes. Les communes financent l’entretien des écoles primaires (entretien du bâtiment, charges, achat de matériel, ménage,) et les postes d’ATSEM. L’état se charge du salaire des enseignants.

Travailler en multi-âge et travailler selon les lois naturelles de l’enfant est donc une décision qui se prend en équipe et qui ne peut pas être imposée ni par la mairie, ni par les parents, ni même par la hiérarchie de l’éducation nationale.
Quant à la formation des enseignants, elle est dispensée en interne par l’Education Nationale, mais il faut bien avouer qu’elle est souvent de très mauvaise qualité, et qu’elle va très très rarement dans le sens des lois naturelles de l’enfant. Nombre d’enseignants se payent donc des formations eux-même sur leur temps libre, ce qui est assez scandaleux de mon point de vue. Ces formation sont souvent des formations Montessori (de qualité très inégale), mais ce n’est pas forcément indispensable pour travailler selon les lois naturelles de l’enfant, d’autant plus qu’il n’existe pas de formation “lois naturelles de l’enfant”. Il y a sur le site de nombreux articles et vidéos qui permettent de découvrir les lois naturelles sans tomber dans le piège du dogmatisme d’un certain courant Montessorien, et là tout est gratuit !:wink:

Parfois, une belle synergie se crée entre une commune qui accepte de financer le projet, des équipes qui sont partantes, et une hiérarchie qui ne s’oppose pas, voire aide… mais de ce que je sais cela reste local et anecdotique.

Mais j’ai quand même l’impression que les idées de Céline Alvarez ont inexorablement infiltré les esprits des enseignants de maternelle, et que petit à petit les choses changent.:blush:


#4

@Leila

Ah bon ? Les enseignants de Wallonie ont pourtant suivi une accompagnement spécifique dispensé par Céline Alvarez elle-même.

Vous en connaissez ? J’aimerais connaître les exemples concrets en France de pouvoir public - même d’échelle communale - qui finance des formations et du matériel, comme cela a eu lieu en Wallonie.

@clopatre1
Effectivement Céline Alvarez s’est inspirée de la méthode Montessori, mais il semble que ce n’était “qu’un point de départ”, sans la reproduire totalement. Un message d’ailleurs le précise à l’arrivée sur le site. “[…] appliquer la stricte méthode Montessori - en particulier telle que promue par le centre de formation officiel - ne saurait en aucun cas vous permettre de créer ou de retrouver un environnement tel que celui mis en œuvre à Gennevilliers, ou d’obtenir les mêmes résultats.” À ce moment, rien pour moi nous empêche d’appeler la méthode qu’elle a mis en place la méthode Alvarez.


#5

Bonjour à tous,

Je viens de m’inscrire pour pouvoir participer à votre discussion. En cette période de vacances, le forum m’a l’air encore actif et je m’en réjouis.

Je termine actuellement mon M2 en management du développement durable et étudie la question des pédagogies alternatives pour mon mémoire de recherche.

Mon projet a pour but la proposition de “solutions” afin de mieux contrôler les écoles privées hors contrat qui se disent Montessori.
Une des solutions que j’ai trouvées pour l’instant est justement d’influencer, par diverses actions qui sont encore en réflexion, l’enseignement traditionnel public avec les fondements de la pédagogie Montessori - dans l’espoir que cela démotive les écoles qui font leur “business” sur le nom de Montessori.

Je ne connais pas grand chose à la gestion d’une école, son budget et ses dépenses, la liberté donnée aux enseignants (j’ai l’impression que cela varie énormément d’une école à l’autre) et serais ravie de vous lire et d’échanger avec vous tous.


#6

“appliquer la stricte méthode Montessori - en particulier telle que promue par le centre de formation officiel - ne saurait en aucun cas vous permettre de créer ou de retrouver un environnement tel que celui mis en œuvre à Gennevilliers, ou d’obtenir les mêmes résultats.”… ce message a été rajouté plusieurs mois après le projet… car les gens lui reprochaient justement que ce qu’elle avait expérimenté c’est justement de la pédagogie MOntessori et rien d’autre…je vous assure que ce qu’elle a “eu comme résultats” cela existe dans 90% des écoles montessori (les vrais! avec du personnel clairement formé et bienveillant avec les enfants)

par contre ce qu’elle a voulu testé en Belgique c’est justement de ne pas utiliser le matériel montessori dans sa totalité, mais là les résultats sont vagues, son deuxième livre n’est pas parlant sur le sujet…elle n’est resté qu’une année sur ce dispositif


#7

Oui clairement. Même si il y avait depuis bien longtemps des enseignants bienveillants, et/ou impliqués dans les pédagogies actives, les fonctions exécutives, etc. ça aura (au minimum) eu l’immense avantage de sensibiliser nombres d’enseignants.


#8

Bonjour.
Je suis à fond pour l’école publique mais je ne peux pas laisser dire ça. Les écoles privées hors contrat sont souvent en difficultés financières, elles ne font pas leur “business” sur le nom de Montessori.
Je connais quelqu’un qui a ouvert une école Montessori, il y a 7 ans. Elle était directrice et enseignante 3-6 ans dans cette école. Elle ne s’est pas payée pendant 2 ans puis a gagné 400 euros par mois pendant 5 ans, elle vient de mettre la clé sous la porte. Le cas de cette personne est extrême mais la plupart des écoles Montessori sont financièrement toujours justes.
Donc même si ce n’est pas un modèle que je voudrais voir développer, je pense qu’il faut rester respectueux de ces personnes qui le choisissent parce qu’elles sont libres par rapport à l’EN, elles sont passionnées et font beaucoup de sacrifices pour que ça fonctionne.


#9

Bonjour,

Merci infiniment pour votre réponse. Pensez-vous que je pourrais m’entretenir par téléphone avec votre amie ?
D’autre part, puis-je vous demander pourquoi ce n’est pas un modèle que vous voudriez voir se développer ?


#10

Bonjour.
Je ne sais pas si mon amie a vraiment envie d’échanger autour de cela, c’est peut-être encore douloureux pour elle. Je peux lui demander. Quels seraient les objectifs de cet échange ?
Je ne veux pas voir ce modèle se développer car je trouve injuste que seuls les enfants dont les parents peuvent payer au moins 500 euros par mois puissent bénéficier de pédagogies alternatives, car vues les difficultés financières de la plupart de ces écoles, les personnels y sont très mal payés et font des journées à rallonge avec une très courte pause le midi voir sans pause (comment recharger son réservoir de patience et de bienveillance si on donne 10h de suite aux enfants sans pouvoir se recentrer sur soi à un moment).


#11

Bonsoir,

Tout simplement parce que le profil de votre amie est intéressant. J’ai pu discuter de l’éducation des enfants en profondeur avec enseignants, élèves et parents dont les enfants sont allés à l’école publique et alternative : tous ces entretiens m’aident dans la réflexion de mon mémoire dont une des vocations est de déconstruire la vision erronée que des personnes hors du monde de l’éducation peuvent avoir sur l’enseignement en France.

Je n’ai pas envie de remuer le couteau dans la plaie et comprendrai tout à fait si elle ne souhaite pas en discuter. Bon courage à elle.

Je suis tout à fait d’accord avec vous, c’est pourquoi mon projet, aussi utopique soit-il, porte sur le fait d’opérer une transition au sein de l’Education nationale afin que plus d’élèves du public bénéficient de méthodes d’apprentissage inspirée de la pédagogie Montessori.

Merci pour cet échange.


#12

Pour se recentrer sur votre demande, si les communes ne peuvent influer sur les répartitions d’élèves et les choix pédagogiques des équipes, elle peuvent permettre une aide malgré tout. Évidemment elles peuvent financer l’achat de matériel. Mais je pense plutôt aux ATSEM, maillons essentiels de notre quotidien.
Je suis enseignante engagée dans cette démarche et c’est parfois compliqué d’être seule dans le bateau.
Si les mairie pouvaient doter chaque classe d’une ATSEM formée à la bienveillance, à l’aide à l’autonomie, à la posture particulière de l’adulte dans ce type de classe, … Ce serait le paradis !
En même temps tant que leur fiche de poste les placeras plus dans le personnel d’entretien que dans l’équipe pédagogique, il faudra de la chance.