Adaptation au sport de compétition


#1

Bonsoir
Je suis monitrice de gymnastique et je cherche à savoir comment on pourrait adapter votre démarche à de la gymnastique en compétition ? Est ce faisable selon vous ? Et si oui comment ?


Présentez-vous !
#2

Bonjour Lily,
J’étais récemment chez un couple dont deux enfants ont été à ce niveau en tennis de table. J’en ai retenu que la pratique de la compétition leur a abimé le dos, mangé leur temps de loisirs, bousculé leur rythme à cause des déplacements…
Qu’une énorme pression pesait sur eux.
Pour autant, je suis loin d’en savoir assez pour avancer une réponse à la question : « Est-ce compatible ? »
Je suivrai donc le sujet avec intérêt.


#3

As-tu vu que @CeCeline parle ailleurs de “Tennis Cooleurs” ?
http://www.tenniscooleurs.com/fr/
À +


#4

Bonjour,

Je ne suis encore qu’un étudiant mais tout de même. Je pense que l’objectif est différent de cette démarche. Je m’explique, le but de la gymnastique en compétition est donc d’être le meilleurs possible. De plus, si l’on prend quelques remarques de certains nageurs professionnels qui nous expliques que nager n’est pas du tout un plaisir, revient à dire qu’alors les sports où l’on cherche la compétition n’est pas une partie de plaisir. De même, la méthode n’est basée en aucun cas sur la compétition, bien au contraire, on recherche plutôt une cohésion, une entraide, un savoir vivre, un savoir être… Les fédérations sont très cadrées, alors qu’ici on recherche plutôt la liberté aux enfants.

Ce n’est que mon point de vu après tout …


#5

Bonjour @lily, merci d’avoir ouvert ce sujet passionnant ! :dizzy:

C’est vrai que la compétition telle que les athlètes la vivent ne rime pas toujours avec plaisir ! En tous cas de mon point de vue et des expériences de mon entourage ! Et comme le dit @FEFE, les fédé sont très cadrées donc la pratique du sport en compétition ou même en loisir devient très codée.
Cela m’intéresse vivement de réfléchir à comment la compétition peut être un levier pour l’épanouissement personnel.

Je ne connais pas le milieu de la gymnastique mais je partage ce que je sais à propos de l’enseignement du tennis. Olivier Letort, fondateur du Tennis Cooleurs a développé un concept d’apprentissage du tennis tout à fait innovant, respectant complètement les grandes lois naturelles de l’enfant :

  • partir de l’individu (enfant/compétiteur),
  • se servir d’un matériel et de terrains adaptés,
  • mettre l’accent sur le jeu à travers la notion de match,
  • utiliser la compétition comme outil d’apprentissage, d’autonomie et d’épanouissement personnel.

Voilà, j’espère que cela apportera de l’eau à votre moulin, même si les disciplines sont différentes ! :medal:


#6

Je dirai que tout dépend de tes attentes !

Je m’explique : ma fille fait de la GR et de la compétition, non par envie de se mesurer aux autres, mais pour accéder à des cours à la hauteur de ses attentes.
En effet, malheureusement, dans ce sport (et peut-être d’autres ?) quand on ne fait pas de compétition, on est dans un groupe dit “de loisirs” … et comme il n’y a pas d’attente en terme de résultat, on est vite plafonné dans les activités (pas de progression proposée) ou alors, on vous “passe en compétition”.

Je trouve cela dommage, mais c’est comme ça m’a-t-on répondu…

… et pourtant …
Ne serait-ce pas possible de pratiquer un sport uniquement pour le plaisir qu’il nous procure ?
Ne pourrait-on pas proposer aux enfants d’évoluer par rapport à eux-mêmes plutôt que par rapport aux autres ?
Je rêve d’un endroit où on proposerait aux enfants des ateliers libres où ils puissent progresser selon leurs envies : travail sur la souplesse, travail sur l’équilibre, renforcement musculaire, figures acrobatiques … les idées ne manquent pas toi vous je pense ?

:trophy:… les portes sont ouvertes : lance-toi, et tenez nous au courant !


#7

Effectivement on parle de compétition et donc de résultats souhaités par les enfants qui le pratique
Toutefois c est un sport difficile et j aimerais le faire passer de manière plus ludique sans perte pour les gyms qui arrêteraient si elles sont en échec
Je pense que le sport apporte beaucoup, le dépassement de soi, la confiance en soi, le travail en équipe, … et j en oublie plein d autres
Mais je cherche à les fidéliser en adaptant ma méthode de travail


#8

Bonsoir @Lily,

Je suis une ancienne gymnaste (12 ans de pratique) et 2 ans en tant que monitrice chez les baby-gym (enfants de 4-6 ans qui ne font pas encore de compétition).
Je me permets donc de te répondre, mais surtout ne prend pas les remarques pour toi, car je l’espère, l’entrainement de la gymnastique a bien changé depuis 15 ans…

Les entrainements que je garde en mémoire aujourd’hui sont ceux où j’ai pu m’entrainer autant que je voulais sur l’agrès et l’exercice que je souhaitais. Souvent pendant les vacances d’été, loin des compétitions. Quelle fierté de réussir une figure bien au-dessus de mon “niveau”!
D’autre part, je garde aussi en mémoire ces longues séances où j’étais cantonnées uniquement à cette souplesse arrière qui ne voulait pas passer…
Pour l’anecdote, j’ai fini par remplacer cette fameuse souplesse arrière par une roulade arrière piquée bras tendus apprise lors des vacances d’été !
Enfin, mon ressenti en tant que monitrice des plus petites : comme il n’y avait pas de compétition, c’était une simple découverte. De ce fait, on ne leur demandait pas assez, si on leur proposait un peu plus difficiles elles en étaient très vite capable. Mais à 17 ans je ne me souciais pas assez des risques sur les articulations que peut provoquer la gymnastique.

Donc mon bilan :

  • avant tout en tant que monitrice se renseigner un maximum : d’une part sur les risques, d’autre part sur les exercices (j’ai passé tant de temps à travailler ce grand écart d’une seule façon, alors qu’il existe des tas de manière de s’assouplir). Mettre en place des mini-ateliers progressifs qui permettent à l’enfant d’évoluer pas à pas en prenant conscience de ses progrès. S’asseoir jambes écartées, mettre ses mains devant et attendre que ça descende, ça n’a pas fonctionné pour moi… Soit dit au passage, un encadrement bienveillant, encourageant dans ces moments est indispensable.
  • la compétition, oui elle fait partie du sport (mais veiller lors des concours internes à ce qu’elle soit la plus juste possible ; en laissant une place à l’effort, la persévérance et non simplement au résultat)
  • les entrainements : se laisser plus de liberté. Oui il faut travailler les mouvements. Comme nous enseignants, nous devons atteindre les programmes. Néanmoins, laisser l’enfant choisir son activité parmi des ateliers savamment réfléchis n’est pas contradictoire au but à atteindre. C’est juste remettre complètement en question un fonctionnement…

Bon courage

Au plaisir,

Sandrine


#9

Alors je crois que je ne suis pas complètement à côté, je les laisse dès que je peux travailler ce qu on appelle les nouveautés avec des ateliers de base à côté pour garder un côté ludique
Souvent je les laisse aussi décisionnaire en choississant un élément parmi 3/4 pour les impliquer dans leur choix et du coup leur travail
J essaye aussi de trouver des façons ludiques de faire de la musculation avec de la musique, un jeu de carte pour déterminer le nombre de répétitions.
Mais en période de compétitions comme actuellement c est très difficile d éviter les frustrations de la répétition en cumulant le stress. Alors j essaye de lancer des défis pour Qu elle ai l impression de jouer en même temps
J essaye de définir avec elle des objectifs aux compétitions pour ne pas viser que le podium, mais pouvoir dire j ai réussi même si le podium n à pas été atteint
Toutefois certaines abandonnent de part la difficulté du sport :frowning:


#10

l’endroit dont tu rêves me fait penser à une école de cirque pas très loin de chez moi. Mes enfants y ont fait quelques stages pendant les vacances. il ne s’agit pas d’un sport en temps que tel puisque qu’il y a une vraie dimension artistique mais la performance, quand elle est recherchée, l’est dans la plaisir et toujours en référence à soi-même. Les enfants s’entraînent en s’entraidant et la recherche de création de numéros, presque toujours à plusieurs va dans ce sens.
Je me rends compte que ma réponse est probablement à coté du sujet…parce que finalement, je ne suis pas fan des sports de compétition et que je considère qu’il faut avant tout se mesurer à soi même…


#11

Bonjour Lily,

Votre question est très intéressante.
Pour ma part, je la comprends de la façon suivante : les principes que nous évoquons ici sont-ils applicables au sport de haut niveau ?
L’un des principes est la non compétition entre les enfants. Toutefois ça ne me semble pas incompatible avec la pratique d’une activité en compétition. Il faut bien différencier le temps d’entraînement où l’entraide, la coopération, le plaisir doivent primer (y compris le plaisir de l’effort, du dépassement de soi), et le temps de compétition où chacun doit se surpasser et où le but est la victoire (sur soi ou sur les autres selon la personnalité de chacun) .
Dans une pratique de compétition où le fair-play est de rigueur, et si c’est le souhait de l’enfant d’y participer, effectivement de belles choses peuvent se développer et ce serait dommage de la bannir.
Le fond du problème dans la compétition pour enfant, est que ce n’est pas toujours réellement l’enfant qui est motivé par la réussite. Dans de nombreux cas, l’enfant est certes motivé mais cette motivation est exogène (faire plaisir à papa/maman, ne pas décevoir l’entraîneur, faire aussi bien que l’aîné, …). Or c’est la motivation endogène qui est le moteur le plus puissant d’apprentissage.
Pour moi, appliquer les lois naturelles à la pratique de la compétition, c’est surtout le laisser libre de participer ou non, le laisser libre de s’entraîner à fond ou non (la conséquence d’une moindre performance finale étant son problème et non celui de l’adulte), et surtout surtout ne pas placer les espoirs/rêves/convictions d’adultes sur eux, n’être ni sur-heureux ni déçus selon le résultat, mais juste fier de le voir accomplir son souhait de s’entraîner souvent dur pour participer à une activité à haut niveau. L’enfant seul doit être maître de son parcours. Bien entendu la pratique d’un sport à haut niveau s’accompagne d’exigences, et les enfants doivent les accepter, mais tout cela est à négocier avec eux. Pour ma part, mes enfants savent que nous sommes prêts à faire les efforts nécessaires pour leur pratique (déplacements lointains et longs), si et seulement si eux-mêmes s’engagent à s’entraîner pour maintenir leur niveau. Toutefois ils savent aussi qu’ils ont le droit d’arrêter, et de reprendre une pratique de loisir ; il n’y aura pas de déception ou de jugement de ma part.

Pour terminer je vous laisse avec les très belles paroles entendues dimanche d’un grand champion du monde (Anatoly Karpov), venu lancer la dernière journée d’un championnat de jeunes (pour ces enfants passionnés, l’enjeu était énorme puisque se jouaient les places de podium et la qualification en équipe de France) : “Si vous perdez aujourd’hui, ne soyez pas déçus. Quoi qu’il arrive vous aurez appris, et vous ferez de belles choses plus tard.”


#12

d’accord avec vous. Albert jacquart s’est exprimé de cette façon face à la compétition.


#13

Bonjour,

Je réalise actuellement un film sur les enfants instruits en famille (et donc non scolarisés), et j’ai eu l’occasion de rencontrer une adolescente de 14 ans, française expatriée en Espagne. Elle a fait de l’équitation en compétition pendant plusieurs années, à un très bon niveau. Lorsqu’elle a été déscolarisée il y a 2 ans, elle a suivi la même démarche d’elle-même vis-à-vis des chevaux : elle a été écoeurée par les chevaux traités comme des “objets” avec valeur, côte etc… et a choisi de suivre la voix de l’éthologie. Elle a enlevé les mors, la selle…


#14

Bonjour.

Je suis prof de tennis et passionné par les propos de Céline et d’Olivier. Quelle connection !
Je trouve ton résumé fort intéressant.
Je cherche personnellement à mettre en oeuvre une école de tennis à l’image de ces 2 personnes.

Belle journée