Et en ULIS école ?


#22

Je suis bien d’accord, @Petitepoy, une année n’y suffit jamais. J’ai pour habitude de le dire aux parents des nouveaux élèves à la rentrée : laissons leur le temps de se poser, de s’intégrer à leur nouvelle classe, de se rassurer, de se construire une image positive d’eux-mêmes, d’accorder leur confiance à leur nouvel enseignant, de retrouver le sourire, toutes choses qu’ils ont perdues quand ils ont subi 1, 2, voire 3 années d’échec et de souffrance dans les classes banales (certains arrivent de CE2…) Les apprentissages purement scolaires viendront ensuite. Et je prends à témoins les parents des anciens élèves.

Je me suis peut-être mal exprimée. Je me pose la question de la rééducation des fonctions exécutives à un âge tardif, et de la façon d’y parvenir. Les activités présentées pour la maternelle et celles proposées pour l’élémentaire sont-elles appropriées ou quelqu’un a-t-il d’autres pistes ?

Par ailleurs, chez moi aussi, tous n’ont pas de prises en charge thérapeutiques ; le SESSAD local a 2 ans de liste d’attente ; quand ce ne sont pas des orientations ULIS faute de place en IME !

Je réfléchis aux mêmes choses qu’@Petitepoy, à savoir la présentation/explication aux parents de la démarche et des changements, et les outils de suivi/organisation avec l’AESH co. Une collègue avait donné des pistes. Je vais rechercher le fil de discussion.

Pour ce qui est de l’application de la circulaire de 2015, rien de strict chez moi pour l’instant. J’en parle depuis 2 ans à mes collègues, mais mes élèves ont la plupart du temps un tel décalage, que dans les faits peu de choses changeront. L’essentiel du travail se fera dans l’ULIS.

Au plaisir d’avancer à plusieurs.


#23

C’est Isa1 dans “bilan de fin d’année” qui donne un exemple d’organisation et de suivi pour elle et son ATSEM :wink:


#24

Bonjour, Je suis T1 et j’ai une classe d’ULIS cette année. Le contact avec mes élèves c’est très bien passé. J’ai une classe de 12 élèves. Ils sont en classe avec moi toute la matinée et en inclusion l’après midi. Je garde un groupe de 4 élèves pour un apprentissage spécifique l’après midi. J’aimerai beaucoup me lancer dans l’aventure avec vous. Mais par où commencer il y a tellement d’informations… je passe mon temps à faire des recherches mais je n’ai pas le sentiment de proposer des outils concrets de travail aux élèves qui ont des niveaux scolaires allant de la MS au ce1… Si vous pouviez me donner quelques conseils ou pistes pour m’aider à me tirer la tête des recherche et à passer à l’action… je vous remercie!


#25

Bonsoir @cindy971, pour cette année, j’ai démarré un fonctionnement semi-autonome. J’ai commencé par mettre en place des ateliers de vie pratique, sensoriels, et d’arts plastiques dans un premier temps, mais également des jeux de construction et puzzles, ainsi que des histoires à écouter. Pendant que chacun vaque à ses occupations dans l’une de ces propositions, je fais des présentations et je prends individuellement les élèves en lecture (essentiellement) et en maths (mais je n’ai pas encore mon matériel dans ce domaine). Cela permet de proposer des apprentissages très ciblés pour chacun et de ne pas être empêtrée dans la gestion des emplois du temps (quoique, 8 élèves en inclusion totale l’après-midi, chapeau ! :+1:) Après 2 semaines assez libres, je me suis inquiétée de voir certains enfants passer leur temps aux jeux et histoires, et je n’ai pas eu le courage de patienter encore parce qu’en ULIS on ne peut pas vraiment compter sur la motivation interne, et guère sur l’émulation (en tout cas, avec mes élèves :anguished:…). J’ai donc imposé qu’avant la récréation du matin, soient faits les rituels au tableau (présents, date, chaque jour compte, météo) et que chacun écrive au moins la date dans son cahier. Et je rappelle plusieurs fois par jour qu’il est très bien et très enrichissant de jouer et de “lire”, mais qu’il y a aussi telle ou telle chose à faire (entrainement ateliers, mandala, activité d’arts plastiques…) Je sais que ce n’est pas top mais ce ne sont pas des enfants ordinaires et ils n’ont pas l’âge de la maternelle. L’ambiance de la classe est calme et assez sereine, le travail sur les sons et les lettres rugueuses avance bien, mon seul lecteur bosse la compréhension et suit les maths en inclusion. Jeudi j’ai eu le bonheur d’entendre un de mes pitchouns dire qu’il était hyper-content (et moi donc ! :joy:) parce qu’il avait réussi à encoder plusieurs mots avec les lettres mobiles. Voilà mon expérience pour ce 1er mois ! Je précise que je n’ai actuellement que 7 élèves dont 5 que j’ai gardés, et 2 nouveaux qui n’ont pas de place en IME (l’un n’a pas de langage et l’autre assez peu ; ce sont un peu des électrons libres). Un 8è devrait arriver très bientôt et 3 autres sont en attente de notification par la MDPH.
J’espère t’avoir un peu éclairée et serais heureuse d’avoir d’autres retours d’expérience. A très bientôt :four_leaf_clover:


#26

Bonjour @cindy971 et bienvenue parmi nous !

Je te fais partager mon expérience nouvelle au sein d’un IME accueillant 10 enfants de 6 à 13 ans, polyhandicapés moteurs avec troubles du comportement (TED), troubles des apprentissages et cognitifs.
Je n’en vois que 6 pour l’instant, individuellement ou par 3 maximum.

J’ai d’abord mis en place des ateliers de vie pratique pour développer leurs compétences exécutives qui sont très disparates selon les enfants. Un enfant de 12 ans dispose d’un contrôle inhibiteur satisfaisant en ce qui concerne la gestion de la frustration et l’attente. Par contre il a besoin de beaucoup travailler le côté de la persévérance pour atteindre son objectif, la capacité à faire abstraction de ce qui l’entoure. Pour lui, les premiers ateliers de vie pratique ne sont pas assez challengeants. Alors je suis allée piocher dans les activités plus complexes (ouvrir/fermer cadenas, laver la table etc…) et vendredi je lui ai proposé de monter une petite étagère (initialement étagère à épices IKEA transformée en présentoir à livres pour la classe). Malgré la difficulté de la tâche, il est allé au bout :muscle:

3 jeux seulement sont en autonomie : pâte à modeler, livres cartonnés et encastrements. Pour l’instant les enfants ne sont pas capables de choisir et/ou de concevoir faire une activité seuls.

Parallèlement, j’ai mis en place la boîte à petits objets pour la phonétique. Elle plaît beaucoup aux petits et aux grands, là encore j’aménage pas mal. Toujours le même jeune de 12 ans, entend parfaitement les sons d’attaque donc je suis passée directement aux sons finaux puis aux sons plus complexes. Certains sons sont encore difficiles à produire pour lui (“tr”, “g”). Dans la semaine on va commencer les lettres rugueuses pour qu’il puisse commencer à coder.

Je suis en train de fabriquer les barres numériques pour introduire les nombres de 1 à 10 car le langage mathématique en interpelle plus d’un. Tous les jours aussi, on compte sur la frise numérique.

Voilà, j’attends impatiemment que le matériel sensoriel arrive ainsi que celui de géométrie, géographie.

Je vais mettre en place aussi un pan de mur (ou chevalet ça dépendra de la place car j’ai une classe de 10 m2 !) pour des activités libres autour de la trace à la manière du jeu du peindre.

Je suis tout au début de mon cheminement dans ce type d’établissement. Pour l’instant, je suis très contrainte par l’organisation de la structure. En effet, les interactions entre les enfants sont nulles, ceci dû à l’environnement majoritairement établi autour des soins. Mais je sens le champs des possibles grand ! Et lire les expériences de chacun(e) est aussi très inspirant :wind_chime:

Je t’encourage moi aussi vivement à te lancer, d’abord avec des ateliers de vie pratique grâce auxquels tu vas pouvoir mesurer le degré de développement des compétences exécutives (mémoire de travail, contrôle inhibiteur et flexibilité cognitive) et les adapter à la réalité de chacun. A ce propos, as-tu pris connaissance de l’essentiel pour démarrer et de l’accompagnement didactique ?

Et puis des activités sensorielles, des activités d’arts plastiques, des petits jeux phonétiques, faire pousser des graines ou des plantes et s’en occuper…
Puis tu peux ouvrir à tous les domaines de façon à déceler les intérêts de chacun.

Tiens-nous au courant de ton avancée :rowing_man:


#27

Bonjour, merci pour le message très encourageant! Je suis arrivée au point de non retour… je n’arrive plus à mener mes ateliers car je me rends bien compte que cette pédagogie n’est pas adaptée… les quelques idées tel que la bande numérique ou les lettres rugueuses, m’ont prouvé que, oui les enfants sont capables et motivés. J’ai assisté un enfant relire la bande numérique des dizaines de fois pour tenter de retenir le chiffre 30… il n’ accepté de rejoindre le groupe classe que lorsqu’il avait su lire la bande numérique sans erreur de 1 à 39… émue !


#28

Bonjour,

Merci pour les conseils précieux que je ne manquerai pas d’appliquer!
(oui j’ai lu les articles, merci de me mettre le lien de nouveau, je vais tenter de les lire sans passer de site en site cette fois)


#29

Bonjour @cindy971, ce sont ces petits bonheurs quotidiens qui nous aident à tenir le cap :four_leaf_clover:
Pour ma part, je trouve mes élèves de plus en plus autonomes, même si certains viennent encore me demander la permission de faire ceci ou cela (“je peux faire des jeux de construction ? Parce que moi j’adooore les jeux de construction :innocent:”). Ce sont des enfants que j’ai depuis plusieurs années et qui avaient l’habitude d’être plus cadrés (cadre rassurant et contenant), même si je travaillais par ailleurs à développer leur autonomie.Certains viennent me demander de leur présenter de nouveaux ateliers. D’autres sont capables de me dire qu’ils n’ont plus besoin de s’entraîner à tel ou tel atelier parce que maintenant c’est facile, ou le contraire. :+1: A côté de ça, demeurent encore beaucoup de difficultés, manque de motivation interne ou de persévérance pour certains (bravo à ton petit matheux ! :wink:), conscience phonologique très laborieuse pour d’autres… :worried: Allez, courage, à nous de persévérer !
Au plaisir…


#30

Bonjour cindy971,
Je rejoins la discussion sur le tard pour partager mon expérience: j’enseigne dans le spécialisé depuis une quinzaine d’année (IME, ULIS école et ULIS collège). Effectivement, la “motivation interne” de nos élèves n’est pas toujours très grande. Pour moi, c’est un des axes principaux à travailler. J’ai appris à le faire en lien avec les psychologues car pour beaucoup de nos élèves, ils sont “empêchés de penser” comme l’explique très bien Serge Boimare. Alors je voulais justement te suggérer quelques lectures, que tu connais peut être déjà, mais qui pour moi on été très éclairantes et aidantes:

  • Serge Boimare “l’enfant et la peur d’apprendre” et “ces enfants empêcher de penser” (à lire dans cet ordre là)
  • Martine Menès “l’enfant et le savoir”

Peut-être le fais tu déjà, mais pour moi il est nécessaire de mettre en place des médiations culturelles qui permettent à nos élèves de se confronter à leurs angoisses archaïques (lu dans le livre de S. Boimare encore !) Les albums, les contes, la mythologie sont des formidables médiations. Si besoin, je te donnerai plus d’infos et de pistes. N’hésite pas à me questionner.

Bonne continuation !


#31

Bonjour Mariellita, dans quelle école de sisteron enseignez vous? Merci!


#32

Bonjour Mariellita, êtes vous toujours sur Sisteron?


#33

Bonjour Cigale, je suis à la recherche d’ULIS école pour ma fille : où êtes vous en PACA?


#34

Bonjour à tous,

Voila maintenant un an que j’utilise des ateliers montessori au sein de ma classe mais j’aimerais gagner en liberté… J’ai toujours du mal à lâcher. Et effectivement, j’ai peur que les enfants n’aillent pas spontanément vers certains ateliers …

Je fais quand même des progrès et parfois ça tourne et c’est du bonheur.

Je propose souvent à mes élèves choix multiples , mais cela reste semi guidée.

J’accompagne aussi beaucoup les présentations parce que j’ai des élèves qui en ont besoin. J’étaye, j’adapte le matériel .

Je fais un mélange entre la pédagogie freinet (plan de travail semi guidé), les pédagogies coopératives et le matériel montessori.

Proposez vous uniquement des ateliers libres ?
Avez vous des plans de travail ?

J’ai vu récemment le documentaire une journée dans la classe de Sophie. Et j’ai beaucoup aimé aussi

Et j’ai trouvé beaucoup de jeux mathématiques et autres ateliers autonomes sur le site “mais que fait la maitresse.com” qui utilise les centres mathématiques dans sa classe.

J’envisage de mieux équiper ma classe en matériel de sciences et de développer plus les ateliers sensoriels et activités pratiques.

Qu’avez vous dans votre classe à ce niveau ?

Utilisez vous des choses dont vous ne vous passeriez plus ?

Merci pour vos échanges.

Marielle