Penser l'organisation de l'espace en "école" plutôt qu'en "classes"


#1

Je crée aujourd’hui ce sujet de discussion afin de vous soumettre quelques interrogations liés à une organisation qui me semble idéale :
Supposons pour commencer qu’il existe une école à deux classes dont voici le fonctionnement :
les élèves seraient affectés administrativement dans l’une ou l’autre classe multi-âges ( TPS/PS/MS/GS) mais dans les faits, ils pourraient évoluer dans l’une ou l’autre salle de classe afin de pouvoir choisir entre toutes les activités différentes proposées par l’un ou l’autre des enseignants. Certaines activités pourraient être d’une part identiques dans les deux classes et d’une autre part la plupart seraient différentes car chaque enseignant affectionne certaines activités plus que d’autres . Le nombre d’activités et donc de possibilités d’acquérir des connaissances serait plus important et plus varié. Quelle serait d’après vous la meilleur façon de gérer cet “open space” :
Premiere interrogation : la liste des présents ->
A tout moment de la matinée, il faut pouvoir rendre compte des élèves présents en cas d’évacuation par exemple ->

  • demander à une ATSEM de pointer les élèves à leur arrivée sur une liste de chaque classe et remettre à chaque enseignant la liste de ses élèves présents dès la fin de l’accueil
  • demander à chaque enfant de d’abord passer dans sa classe pour placer son étiquette, sa photo sur le tableau des présents
  • demander aux enfants de cocher leur prénom sur une liste des enfants de la classe
  • ou toute autre proposition de votre part, …
    Deuxième interrogation : gestion de la circulation des élèves d’une classe à l’autre ->
  • autoriser les enfants à circuler dans le calme d’une classe à l’autre dès leur arrivée sans restriction du nombre de changement de classe
  • autoriser les enfants à se rendre dans la classe voisine après demande de sa part à l’enseignant qui veillerait à ce que cet enfant ait au moins fait une activité avant de circuler
  • autoriser les enfants à se rendre dans la classe voisine après avoir réalisé un minium d’activités ( 2 par exemple) dans la classe où il se trouve afin de pouvoir assurer le suivi des activités proposées et éviter que les élèves qui “papillonnent” ne fassent que passer d’une classe à l’autre
  • ou toute autre suggestion de votre part, …
    Troisième interrogation : le suivi des activités des enfants ->
  • proposer un livret de suivi commun à tous les élèves de l’école qui serait placé entre les deux classes afin que les deux enseignantes puissent le compléter, le consulter, …
  • mettre en place deux carnets de suivi, un pour chaque classe, regroupant le suivi des activités proposées dans chaque classe.

  • Quatrième interrogation : Laisser le choix aux enfants de participer à des activités plus dirigées ->
    Les enfants ont le choix des activités autonomes pendant la matinée mais on peut leur proposer de participer à des activités dirigées, mais comment organiser la chose ( exemple d’activités dirigées ou collectives : collation de fruits, écouter une histoire, lire le message des correspondants, fabriquer un objet, … )
  • juste avant l’activité, poser la question aux élèves et emmener ceux qui le souhaitent
  • proposer ces activités lors du regroupement du matin en précisant à quel moment de la matinée elles se dérouleront
  • demander aux enfants de s’inscrire ou placer leur étiquette/photo sur le planning des activités dirigées proposées à leur arrivée
    -…
    Si vous voyez d’autres interrogations pertinentes, n’hésitez pas à les soumettre. merci

Présentez-vous !
#2

Bonjour,
je pense ton idée tout à fait réalisable et je vois que tu as déjà énormément avancé dans la réflexion et l’organisation possible !
Pour ma part si je devais choisir dans tes différentes interrogations, je choisirais les possibilités suivantes (avec une mise en place forcément progressive le temps que les élèves acquièrent l’autonomie nécessaire) :

la liste des présents :
Chaque enseignant dans sa classe pour l’accueil des parents et pointage + étiquettes ou photos posées par les élèves sur le tableau des présents. Ainsi liste des enfants ok pour la journée.

gestion de la circulation des élèves d’une classe à l’autre :
autoriser les enfants à circuler dans le calme d’une classe à l’autre dès leur arrivée sans restriction du nombre de changement de classe

le suivi des activités des enfants :
mettre en place deux carnets de suivi, un pour chaque classe, regroupant le suivi des activités proposées dans chaque classe. Et faire le point régulièrement à deux (enseignantes) pour voir où en est chaque élève et lui proposer telle ou telle activité pour le guider dans la salle où il se trouve.

Laisser le choix aux enfants de participer à des activités plus dirigées
pour cette dernière interrogation je n’ai pas d’avis tranché, tes trois solutions me plaisant toutes et je pense que c’est à tester sur le moment.
Pour toutes les autres aussi en réalité mais ce sont deja des solutions que j’ai vues testées pour les précédentes par des collègues et moi également et cela fonctionnait bien.
Pour cette dernière interrogation de ce que j’ai vu chez ma collègue de maternelle, elle a des temps de regroupement où chacun rejoint le groupe à son rythme quand il a fini son activité et de ranger.
Pour les CM que j’ai, on fait quelques temps collectifs en fin de demi journée obligatoires pour tout le monde mais ce sont des temps qu’ils apprécient énormément et pour lesquels ils ont envie de venir donc pas de pb : anglais, sport, débat, etc.

Voila si cela peut t’avancer un peu. Hâte de voir les autres possibilités, si d’autres personnes te répondent !


#3

Bonjour,

Avec toutes mes collègues de la section maternelle nous sommes en recherches car nous aimerions changer le visage de notre école ainsi que nos pratiques.

Nous pensons organiser un grand plateau dans lequel les enfants de PS MS et GS seraient mélangés avec 3 enseignantes pour gérer tout cela. Ce qui ferait 75 enfants.

Nous aimerions abattre les murs de nos classes pour obtenir un grand plateau avec des espaces modulables. Nous aimerions avoir vos avis et témoignages ainsi que conseils.

Un grand merci !


#4

Bonjour Sylvia

Quel est votre fonctionnement actuel ?

De mon côté 2 classes maternelles pures, et quelques GS avec des CP.

En revanche un fonctionnement particulier, avec des groupes qui “tournent”. C’est compliqué à expliquer mais je peux prendre le temps si c’est utile (mais je ne suis pas sure car je ne pense pas que vous soyez dans la même configuration de collègues).
Mais il se trouve surtout qu’il n’y a que moi sur les 3 collègues qui fonctionne en apprentissage “naturel et autonome” :wink:
d’où la volonté de faire tourner tous les enfants sur les 2 classes (pour les PS et MS et les 3 classes (pour les GS).

Travaillez-vous toutes les 3 dans un fonctionnement autonome ?
Ma première peur à la lecture de votre projet … le bruit
Car couper le bruit avec des murs … au départ, je trouve que c’est bien, mais tout dépend de votre projet :slight_smile:


#5

Bonjour Sylvia

Je pense aussi qu’une très grande pièce avec autant d’enfants risque de générer du bruit. Pourquoi plutôt ne pas garder les trois salles et en faire des lieux différents? (Par exemple, une classe pour les activités musicales, une autre pour la construction ou les jeux). Pour faire comme dans une maison puisque finalement il s’agit un peu de faire une maison des enfants. Et vous, enseignantes, vous pourriez tourner sur ces classes en vous fixant des plages horaires, de façon à ne pas guider toujours les mêmes activités. Par exemple de 8h30 à 9H30, vous êtes dans une pièce qui regroupe une certain type d’activités (activités pratiques et sensorielles par exemple), puis de 9H30 à 10H30 vous changez mutuellement de pièces. Avec la présence des Atsem cet échange devient souple pour vous (les Atsem restent en place pendant que vous changez de pièce, pas forcément à la minute près… Et ça peut même permettre de faire sortir les enfants en récré de façon échelonnée. A approfondir… Mais ça m’intéresserait de connaître la suite de vos réflexions.
A bientôt


#6

j’adorerais travailler comme cela (depuis de nombreuses années mais mes collègues ne veulent pas). Plus de groupe classe mais des salles dédiées à certains types d’activités où enfants et adultes circuleraient librement.
Une organisation certainement déroutante au départ mais qui je pense apporterait plus de sérénité, de joie, d’autonomie et de travail efficace


#7

J’ai trouvé ça.


#8

Mais en réalité, dans les textes, est-il possible de fusionner de cette façon? L’administration peut-elle nous autoriser ce genre de fonctionnement?


#9

Lors de ma dernière animation pédagogique (aménagement des espaces en maternelle), donc programmée par l’institution, nous avons visionné une vidéo dans laquelle on voyait un jardin d’enfants au Danemark organisé autour d’une pièce centrale qui distribuait des salles qui chacune était dédiée à une activité et les enfants évoluaient dans cette disposition.
J’ai longuement cherché la vidéo et je ne l’ai pas retrouvée.
Le document que j’ai mis en lien est issu d’un programme m@gistere (donc institution toujours) qui faisait partie de cette animation.
Maintenant, il faudrait voir dans la pratique, si l’ien et l’ia dont chacun de nous dépend est prêt à nous laisser essayer cette formule.


#10

merci pour cette info


#11

J’ai cliqué trop vite… Et en fait, qu’en disait-on de cette organisation à votre anim. péda. ? Et toi, qu’en as-tu pensé? Est-ce que cela semble réalisable et pour le moins bénéfique?


#12

J’avoue que dans un premier temps cela m’a agacée qu’on nous cite encore l’exemple du Danemark alors qu’ils sont, avec les pays scandinaves, à 1 adulte pour 6 enfants tandis qu’en France on tolère qu’un(e) enseignant(e) se trouve seul(e) avec parfois plus de 25 enfants de 4 ou 5 ans dans le pire des cas et avec l’aide d’une ATSEM pour 23 dans le meilleur.


" En revanche, les taux d’encadrement présentent de grands écarts entre les pays, avec une forte césure entre les deux tranches d’âge. Les pays scandinaves font exception avec des taux d’encadrement très élevés, aussi bien pour les tout-petits (de l’ordre d’un adulte pour trois enfants) que pour les 3-6 ans (un pour six). Le Royaume-Uni se distingue aussi par un taux d’encadrement assez élevé, mais dans le cadre d’une offre de services collectifs moins développée. Pour la majorité des pays, le ratio est de 5 à 7 enfants de 0 à 3 ans par adulte et de 12 à 20 pour les 3-6 ans. La France se situe dans la moyenne pour les 0-3 ans, mais son taux d’encadrement est particulièrement faible pour les 3-6 ans."

Que l’institution nous montre un idéal hors d’atteinte alors que cette même institution ne nous donne pas les moyens humains de nous en approcher… j’avais un peu rué dans les brancards.
Sinon l’IEN et surtout le conseiller pédagogique trouvaient cela intéressant.
Bien sûr que moi aussi je voudrais goûter à cela, mais ça servait à quoi de nous frustrer avec ce genre d’exemple ?
Maintenant, je me dis que si nous avons les moyens humains, des personnes convaincues et motivées, cela peut être très intéressant de fonctionner comme cela.
Les avantages que j’y vois :

  • pouvoir aménager chaque salle de façon optimale
  • prendre en compte les goûts et les compétences de chacun (adultes), je verrais bien une personne référente stable pour chaque pièce.
    Les inconvénients
  • la gestion de la circulation des enfants et de leur suivi global
  • certains enfants ne s’intéressent pas forcément spontanément à certaines activités et changent d’avis lorsqu’ils voient un autre enfant manipuler. Avec des pièces différentes, comment garder ça ? À construire…
  • fin de la maîtresse référente qui peut rassurer certains enfants qui ont besoin de cette sécurité affective. À réfléchir aussi…

#13

Bonjour,
Dans mon école, 2 classes de PS/MS/GS, nous fonctionnons ainsi.
Nous avons chacune des élèves attitrés mais ils peuvent changer de classe durant un temps le matin. Avec ma collègue nous avons des ateliers communs, et d’autres différents. Nous validons les ateliers de nos élèves"officiels" aussi bien que ceux de nos élèves du jour grâce à une grille commune et nous nous transmettons les informations par photo et par un logiciel commun.
Les enfants qui ont besoin de changer de classe le font naturellement, nos Atsem veillent à savoir où se trouvent tous les élèves de “leur” classe.
Cette organisation rassure les enfants qui aiment changer mais nous sommes exigeantes et vigilantes sur le travail fourni.
Nous nous sentons enrichies par ce fonctionnement tous les jours et nous permettons par conséquent de proposer à certains enfants (qui ne le feraient peut être pas d’eux mêmes) de changer de classe de temps à autres.


#14

Voici donc la suite de notre réflexion quant à la mise en place d’un fonctionnement en “open-space” :
Nous avons décidé de réaménager les deux classes afin de mettre en place des espaces dédiés.
Dans la classe 1, on trouve l’espace des activités de vie pratique, l’espace sciences et technologie, un grand coin lecture et la table d’écoute, l’espace jeux de société.
Dans la classe 2, on trouve l’île des mathématiques, la table de dessin et de petits bricolages autonomes, l’espace géographie, l’espace des activités sensorielles et tous les jeux de pavage et de construction, l’espace des activités de lecture, écriture et graphisme.
La circulation des élèves : du fait de la mise en place d’espace dédiés différents dans chaque classe, les élèves n’iront plus d’une classe à l’autre sans une idée de ce qu’ils veulent faire. Soit ils devront réaliser une activité des défis de la semaine, soit ils choisiront de réaliser une activité autonome et se déplaceront dans un but précis dans l’une ou l’autre classe.
La liste des présents de l’école sera pointée chaque matin par les ATSEM à l’arrivée des enfants afin d’être en possession d’une liste des enfants effectivement présents chaque jour et sera mise à proximité de l’alarme incendie. Ainsi, en cas d’évacuation de l’école, nous serions en mesure de savoir exactement qui est présent dans l’école. De plus en arrivant chaque matin, tous les enfants devront placer leur étiquette de présence sur une grand tableau qui se trouve dans la classe 1, puis ils passeront dans la classe 2 pour consulter le tableau des défis de la semaine afin de prendre connaissance des activités autonomes à réaliser. Les défis de la semaine sont des photos des activités, collées dans un tableau à double entrée, avec une ligne pour chaque grand et chaque moyen. Après avoir réalisé une des activités des défis , ils collent une petite étiquette avec un arc de cercle (qui représente une bouche), soit :slight_smile:, s’ils ont aimé cette activité, soit :worried: s’il n’ont pas apprécié la réalisation de cette activité. Des tableaux des activités à réaliser sur deux semaines par les petits seront en possession des adultes ( enseignants, ATSEM,AVS,…) afin de cocher les activités effectivement réalisées.
Le suivi des activités : un cahier de suivi commun à tous les enfants sera complété au jour le jour avec les activités autonomes choisies par chaque enfant et en fin, de semaine pour les activités des défis de la semaine. Après deux réalisations d’une activité, elle sera proposée une troisième fois dans les défis de la semaine, afin de compléter le cahier de progrès individuels de chaque enfant.
Toutes vos suggestions et propositions seront les bienvenues :hourglass_flowing_sand: :hourglass:


#17

#18

Bonjour,

Pour faire suite à la réponse de @zartine que devient la maîtresse référente, figure d’attachement importante à l’âge de la maternelle ? N’y a-t’il pas un risque pour le développement affectif des enfants ? Chaque adulte aura tous les enfants à observer, n’y a t’il pas un risque de passer à côté d’un enfant avec des problèmes spécifiques ?

Merci
Bonne journée
Nadia


#19

Comme nous avons commencé à fonctionner progressivement en open-space, les enfants de cette année, savent très bien quelle est leur maîtresse “référante”. Pour la prochaine rentrée, il faudra que l’on discute de ce problème avec les collègues de l’école. Doit-on interdire les déplacements des nouveaux élèves à la rentrée des classes pendant un moment et seulement après qu’ils aient investi les lieux, leur donner cette possibilité. Doit-on au contraire dès le début de l’année scolaire, laisser les enfants évoluer dans l’une ou l’autre classe et après quelques jours d’observation, et de contact avec ces nouveaux élèves, décider qui des deux, sera la maîtresse “référante”. Ce qui me semble plus logique car les espaces de jeux étant dédiés, on les priverait de beaucoup d’activités, en les obligeant à rester dans l’une ou l’autre classe. Notre expérimentation en est aux tâtonnements et je vous remercie de soulever certains problèmes afin de nous permettre de trouver la meilleure solution. :wink:


#20

Il y a un livre accompagné d’un DVD sorti en 2015 aux Editions RETZ intitulé “Aménager les espaces pour mieux apprendre A l’école de la bienveillance”. Il a été écrit par 2 inspecteurs, une conseillère péda et une professeure des écoles. Il regorge de bonnes idées!
Il a aussi l’avantage de proposer des aménagements de classe et d’école et de ne pas demander de matériel supplémentaire que celui que nous avons généralement déjà. C’est donc plus facile pour celles et ceux qui n’ont pas la possibilité d’investir dans du matériel Montessori mais qui voudraient tout de même laisser aux enfants autonomie et libre choix dans la bienveillance.


#21

Bonjour
J’ai profite d’une demi journée de rep+ pour aller observer une école dans laquelle deux classes fonctionnent un peu comme ça. Il y avait dans une classe des îlots aménagés avec des activites auxquelles les enfants s’inscrivaient le matin, et dans l’autre uniquement des tables individuelles pour les ateliers autonomes. Une classe utilisait l’espace îlots avant la récré et l’autre classe était aux ateliers autonomes, et inversement après la récré. Dans la classe des îlots il y avait une validation par les élèves des activites dans des cahiers de brevets. Dans l’espace en autonomie l’enseignante était assise à une table, les élèves allaient la voir à tour de rôle pour se faire présenter une activité ou pour montrer l’activite’une fois réalisée. L’enseignante validait par des coups de tampons sur des fiches de suivi ( tous les ateliers étaient numérotés)
J’ai beaucoup aimé voir ce fonctionnement, personnellement il m’a manqué le côté un peu “cocon” d’une classe, le lien avec l’enseignante ( car la du coup un même enseignant gère deux classes différentes dans la matinée, des classes de trente élèves sans atsem dans l’une des deux ), j’aime le côté un peu fusionnel de la classe, la je ne l’ai pas’retrouve. Et c’était je trouvais un peu la course aux tampons, le côté très compétition m’a gênée . Mais les élèves étaient clairement en activité et avaient beaucoup de possibilités. Bon courage et félicitations à ceux et celles qui osent se lancer là dedans, pour ma part j’ai abandonné les ateliers dirigés sans regrets mais pour ca je ne suis pas encore prête
Bonne soirée


#22

Lors d’une réunion d’échange d’idées, en petit groupe mais en présence de notre inspecteur, sur la nécessité de repenser l’aménagement de l’espace dans les écoles maternelles, nous avons pu exposer le principe de notre open space ainsi que les espaces dédiés mis en place. Les réactions de certaines enseignantes m’ont rappelées moi, il y a quelques mois, face à mes doutes et mon ignorance quant à la façon d’en arriver là. Mais l’accueil positif de quelques personnes dont notre hiérarchie, nous a conforté dans notre idée d’être sur la bonne voie. merci à @sonia63 :slight_smile: , la lecture de cet ouvrage m’a permis de rédiger ce topo afin de mieux expliquer et justifier notre open space auprès de notre hiérarchie :

Les nouveaux programmes affirment la nécessité de prendre compte le développement de chaque enfant : « l’équipe pédagogique aménage l’école à chaque enfant afin d’offrir aux enfants un univers qui stimule leur curiosité, répond à leurs besoins notamment de jeu, de mouvement, de repos et de découvertes et multiplie les occasions d’expériences sensorielles, motrices, relationnelles, cognitives » .

Nous avons donc engagé une réflexion afin de réaménager les salles de l’école et mettre en place des espaces dédiés dans les salles de notre école à deux classes.
Dans la salle 1, on trouve l’espace des activités de vie pratique, l’espace sciences et technologie, un grand coin lecture et la table d’écoute, l’espace jeux de société.
Dans la salle 2, on trouve l’île des mathématiques, la table de dessin et de petits bricolages autonomes, l’espace géographie, l’espace des activités sensorielles et tous les jeux de pavage et de construction, l’espace des activités de lecture, écriture et graphisme.
Dans la salle 3, on trouve l’espace des arts visuels, les jeux d’imitations, la table de sable et les ordinateurs.
Ces espaces dédiés ont été aménagés afin que les jeux et le matériel soient visibles et à hauteur des enfants pour attirer leur regard, leur donner envie d’agir, les motiver à interagir.

Ce type de fonctionnement libère l’enseignant d’une conduite collective de classe et favorise l’autonomie de l’enfant. Ils se déplacent librement dans les espaces mis à leur disposition et pour lesquels, nous avons essayé de penser en amont le contenu de chacun, les avons organisés et adaptés aux besoins des enfants. Chacun dispose ainsi d’un environnement de travail propice aux découvertes, aux renforcements des compétences ou encore à l’entraînement.
Ils ont le choix de travailler seul, à deux ou en petit groupe. Les enfants moins frustrés sont alors impliqués et attentifs. C’est en proposant de nombreux choix d’activités aux élèves que l’adulte va pouvoir lâcher prise sur le groupe pour se rendre plus disponible pour un enfant en particulier.
La mise en place d’espaces dédiés, permet aux enfants, une entrée dans les activités d’apprentissage de leur plein gré et un ressenti de la contrainte très allégé.
L’espace a été organisé et les objectifs définis précisément pour que ce cadre soit inducteur d’apprentissages. Le point fort de ce dispositif est, sans aucun doute, une plus grande disponibilité des adultes pour des interactions avec chaque élève.
Puisque les enfants changent d’activité à leur gré, chacun se retrouve fréquemment avec des camarades différents et dans des activités diverses. Cette variété favorise une plus grande diversité de situations de communication, mais aussi le développement de compétences linguistiques.

Cette réflexion que nous avons engagée dans l’aménagement de l’espace, a permis de rendre les espaces stimulants et dynamiques en adéquation avec les besoins naturels de l’enfants afin de les voir heureux, à l’aise dans leur corps et désireux d’apprendre.