Applications de type Seesaw, Je valide, Klassroom


#1

Voilà, vous avez fait de la place dans votre classe ( et finalement découvert qu’elle n’était pas si petite que ça); vos élèves ne travaillent plus qu’en autonomie ( vous ne savez plus vraiment ni comment vous en êtes arrivé là, ni comment vous avez survécu aux hectolitres renversés et aux explosions de carafe) mais bref vous y êtes, ça roule ! (Rassurez-vous, bien plus vite qu’on ne le pense!) Vous découvrez donc logiquement que vous pouvez prendre une photo avec votre téléphone de chaque enfant à chaque présentation ( ou presque) ainsi qu’à la volée dans la classe un grand nombre de fois chaque jour ( ou presque).

L’an dernier j’ai pu ainsi faire environ 100 photos de chacun de mes 23 moyens sans trop d’effort. Je donnais aux parents les photos par clé usb ou par mail (wetransfer) avant les vacances. Un bon moyen de donner à voir aux parents ce que leur enfant fait dans la classe et de les rassurer au besoin.

Mais depuis la rentrée, j’utilise l’application Seesaw (Seesaw class pour l’enseignant, Seesaw Parent pour les …). Assez géniale à l’usage, je trouve:
Elle permet via un smartphone d’envoyer dans un dossier nominatif les photos d’un enfant ainsi que des vidéos et du texte. Le parent qui a installé l’application n’a accès qu’au dossier de son enfant (via un Qrcode privé que vous lui remettez) et le parent reçoit une notification à chaque fois que vous postez une photo de son enfant qu’il peut “liker” ou commenter. Le principe n’est pas forcément très novateur mais l’interface est vraiment très bien pensé ( pour l’enseignant : 4 clics pour poster une photo) et pour les parents ( pouvoir rassurer les mamans qui vous laissent un petit en pleurs le matin dès le midi, voir le jour même les photos de son enfant, plusieurs fois par semaine). 13 parents sur 20 déjà connectés (on peut aussi via le web) et je crois conquis.

Et maintenant que ça roule en triple niveau (c’est pas parfait mais, vous allez voir, c’est fabuleux!) j’ai pu depuis la rentrée poster près de 200 photos. Parfait pour rassurer les mamans qui pleurent le matin et rassurer les parents un peu sceptiques de voir leur enfant débarqué dans cet étrange espace peuplé de monstres deux fois plus grands que le leur! L’impression d’avoir fait en quelques clics, le taf de plusieurs mois d’accueil chaleureux à la porte!

Passées les craintes sur la sécurité ( c’est malgré tout quelque part dans le grand Cloud…) , après 3 semaines d’utilisation, ce que je pensais n’être qu’un gadget pour instit 2.0 s’avère être un véritable outil ,utile et bien pensé, qui peut aussi très bien servir de cahier de liaison voire même de cahier de vie. (Une collègue a eu l’aval officieux d’une IEN… Mais si on attend l’officiel… Les textes semblent dire pour la diffusion sur ce genre de support l’autorisation parentale doit mentionner le nom de l’application, blog, site…)

Bref, allez y jeter un oeil. C’est gratuit, certes en anglais mais c’est vraiment très très simple d’utilisation ( y compris pour l’installation côté parent… A condition que vous ayez 5 minutes pour chacun d’eux à un moment ou un autre…).
Bon courage à tous!


Quelle application utiliser pour le suivi des élèves ? (Seesaw, Klassroom, autre ...)
#2

Merci pour l’info. Ça marche aussi avec un Ipad ?


#3

oui. ipad, android…


#4

Mais rassure moi, les parents continuent quand même à venir discuter avec toi ? Parce que je suis bavarde moi, j’aime bien ces moments :stuck_out_tongue_winking_eye:


#5

@Julyen je viens de regarder seesaw grâce à toi (l’application pourrait te reverser qq deniers…).
Est-ce normal qu’il me demande mon code de CB??? Ça n’a pas rebuté les parents de devoir donner leur code pour s’inscrire?


#6

Non pas normal du tout! Il y a une version gratuite. Passe plutôt par l’application que par le site, via appstore ou playstore.

Et je n’ai aucune part chez eux! :wink:


#7

J’ai réalisé que ce post lu hier soir avait fait du chemin dans ma tête cette nuit…J’aimerais donc partager mes questions avec vous !

Je ne peux évidemment que me réjouir face à cet enthousiasme, et j’ai conscience que la prise des photos peut être un outil vraiment utile dans la situation telle qu’elle est aujourd’hui : elle permet de rendre des comptes aux inspecteurs, aux parents, de garder aussi la trace des moments précieux passés dans la classe, et même de rassurer ( et d’impliquer ?) les parents dans les apprentissages et découvertes de leurs enfants. Et je doute pas non plus qu’elle soit un excellent moyen de faire le point sur les apprentissages des enfants.

Cependant, en rêvant à une vraie révolution de l’école, je ne peux m’empêcher de me questionner.
Ce qui me semble être justifié dans le cadre d’une expérience, d’une mise en place nouvelle de la classe qui demande de défendre ses choix ( auprès de la hiérarchie, auprès des parents et de soi-même aussi !), me semble pourtant un peu dérangeant dans l’absolu. Qui aimerait être photographié tous les jours sur son lieu de travail ? Dans quel mesure cela n’a-t-il pas un impact sur la qualité des moments passés ? Dans quelle mesure cela ne créé pas une série de souvenirs sélectionnés et peut-être transformés ?
Je comprends tout à fait les avantages de l’outil, mais je ne me peux m’empêcher d’être un peu méfiante.

Autre chose, bien plus inquiétant pour moi. J’ai réalisé en lisant ce post à quel point depuis des décennies, les parents n’avaient, en apparence au moins car l’école n’est pas obligatoire, d’autres choix que de faire une confiance aveugle dans l’institution. On laisse son enfant en pleurs sans savoir quelle va être la réaction des adultes ( ou de l’adulte puisqu’il est souvent seul) en face de lui, on confie son enfant pour de longues journées à une personne que l’on n’a pas choisi, que l’on ne connaît pas ou peu. Imaginer des parents qui contemplent plusieurs fois dans la semaine, qu’ils soient au travail ou chez eux, une photo de leur enfant en train d’apprendre me fend littéralement le cœur ! S’ils souhaitent assister aux apprentissages et aux découvertes de leurs enfants, qu’ils soient près de lui ! C’est évidemment le choix que font les familles qui ne scolarisent pas leurs enfants, mais je crois aussi que cela devrait prendre forme dans les écoles : " vous voulez savoir comment se passe une journée dans la classe ? Venez ! Venez passez une heure, une journée, une semaine avec nous !"
Est-ce cela est actuellement possible légalement ? ( je ne travaille pas dans l’EN, suis animatrice) Les parents pourraient ainsi eux aussi profiter de temps en temps du climat pacifique et bienveillant de la classe, prolonger cela plus aisément à la maison.

Est-ce que les photos ne sont pas simplement un outil pour amorcer le changement ? Est-ce qu’elles ne devraient pas devenir beaucoup plus occasionnelles et motivées par d’autres raisons dans une école révolutionnée où les comptes à rendre et les restitutions n’existeraient plus ?

Prendre des photos en classe comme on en prend en famille, pour garder des traces, des souvenirs, et les partager, cela me semble plutôt positif. En revanche, je crois, pour conclure, que ce qui m’a fait réagir est l’idée que les photos puissent, pour de trop nombreux parents, remplacer des moments qu’ils devraient avoir le droit et la possibilité de vivre en direct avec leurs enfants !

Je continue de penser à tout cela, et je serais ravie d’avoir vos avis…


#8

Papillon,

Pour ce qui est de la prise des photos, elle se fait bien souvent à la volée comme je l’ai écrit plus haut ou lors des présentations, sans que j’en informe les enfants ou que je leur demande de poser (au contraire j’aime les photographier au paroxysme de leur concentration!) Et je ne sélectionne rien, je les photographie à la tâche, voilà tout…

Faire une photo lors d’une présentation individuelle me prend environ 5s et je crois ne dénature en rien la relation que j’entretiens avec chacun de mes élèves et valorise efficacement,me semble-t-il, leur travail… (en veillant à ce qu’ils ne travaillent pas bien évidemment dans le seul but d’être photographié).

J’invite chaque année les parents à passer au moins une demi-journée avec nous, dans la classe, pour qu’ils puissent se faire une idée précise du quotidien de leur enfant. De fabuleux moments! Mais quand vous écrivez : “qui aimerait être photographier tous les jours au travail?”, j’ai simplement envie de vous répondre: " qui aimerait avoir sa mère tous les jours au boulot?

S’il est une chose qui ne nécessite aucun “je crois” ou “il me semble” c’est celle-ci: Les enfants ont besoin de faire des choses à l’abri du regard (cannibale) de leurs parents!
Et l’école (publique!) est là pour ça: vivre avec les Autres (en dehors de l’entre-soi, de la cellule familiale…) Et par les temps qui courent, c’est peut-être sa mission la plus importante!

Je suis le seul dans mon école à travailler en autonomie mais soyez sûre que mes collègues, tout comme moi, consolent, câlinent, encouragent, félicitent, bref sont bienveillants… et pendant mes 10 années de remplacement je n’ai été témoin que de cela! Les inconnus à qui vous confiez vos enfants le matin n’ont qu’un seul souci en tête, le bien-être de vos (nos) enfants!

Belle nuit à vous!


#9

Merci de votre réponse !

Je suis persuadée, mais ravie que vous le confirmiez, que la prise de photo ne prend pas trop de place, et je n’ai pas imaginé une seule seconde les enfants prenant la pose !:o) Je m’interrogeais simplement sur le fait que les photographies fréquentes pouvaient peut-être être gênantes. On est si souvent photographié, filmé, même à notre insu, qu’il me semble que l’utilisation de cet outil mérite une réflexion, c’est tout. Je ne remets nullement en question votre choix, qui me semble vraiment pertinent, même s’il suscite chez moi quelques appréhensions qui sont ou seront peut-être partagées par d’autres.

Beaucoup d’enfants travaillent avec leurs parents à côté ( et pas sur eux!) et en sont ravis !:o) surtout à 3 ans ! Accueillir les parents une demi-journée, c’est déjà formidable, mais personnellement, je rêve d’une école beaucoup plus ouverte, où les parents pourraient s’investir davantage, et être présent non pas pour surveiller quiconque ou lancer des regards cannibales, mais bien pour partager ces merveilleux moments d’apprentissages, pour proposer des ateliers aussi. Mais ceci est un autre sujet, que je soulevais simplement parce j’ai ressenti un certain malaise en imaginant des parent recevoir des photos de leurs enfants à l’école au lieu d’être avec eux. L’un et l’autre peuvent se conjuguer, le tout est de trouver un équilibre ( ce qui est le cas dans les crèches parentales par exemple).

Je suis aussi persuadée que nombreux sont les enseignants bienveillants, la preuve sur ce forum, je soulignais simplement que les parents confient leur enfant dans une école que souvent ils n’ont pas choisi, face à un adulte qu’ils ne connaissent pas, et que cela mérite peut-être de se poser des questions. Le dernier petit bout que j’ai emmené à l’école, en pleurs, a été accueilli la semaine passée par un " oh tu vas pas recommencer avec tes comédies", si c’était mon enfant, je pense qu’on aurait fait demi-tour ! Je dévie encore du sujet, mais je ne pouvais pas ne pas réagir : la violence éducative ordinaire existe encore, et les enfants avec qui je travaille en témoignent bien trop souvent.

Je n’ai pas de réponse, et dans le fond je ne pense pas qu’il y ait de véritable réponse, j’ai simplement vu des interrogations apparaître en vous lisant, et c’est nourrissant ! Pour que l’école soit réellement révolutionnée, il en faut tellement des questions et des remises en questions !


#10

“Qui aimerait avoir sa mère au boulot ?”. Ça, c’est drôle.
Merci pour avoir fait naître dans ma tête cette image de mon école ; ma directrice et sa maman, mon atsem et sa mère, la mienne sur mon dos (ou à mes côtés)… L’horreur totale et la régression générale ! Quand on voit comment sont certains enfants lorsque les parents sont là et la métamorphose dès qu’ils ont franchi le seuil de l’école ! Certains prennent 2 ans de maturité en 2 minutes. Personnellement, j’ai scolarisé ma fille dans une école maternelle différente de la mienne alors que d’après la carte scolaire elle aurait dû être dans ma classe. Pendant 3 ans ! Bonjour l’ouverture au monde. Que l’école accueille les parents, explique, argumente, donne à voir, écoute, coopère… Bien sûr, nous sommes coeducateurs de l’enfant. Mais chacun dans son rôle, et dans le respect de ces rôles. Tout est affaire de confiance, et pour se faire confiance il faut communiquer. Communiquer, c’est dialoguer surtout et c’est aussi donner à voir. Donc, les photos c’est bien pour ça. Par contre, ce qui est pris en photo dans ma classe, ce ne sont pas les enfants (sauf pour les anniversaires et autres moments privilégiés), mais les ateliers, les constructions, les œuvres éphémères identifiés par une étiquette prénom. Et souvent, ce sont les enfants qui prennent la photo, d’abord avec moi, puis en autonomie lorsqu’ils ont ma bénédiction. Ce qui donne parfois des photos assez surréalistes que je découvre le soir chez moi. Si ma mère me voyait, elle me gronderait pour laisser des enfants de 4 ans manipuler un IPad (de je ne sais combien d’euros parce qu’on l’a eu gratis). Heureusement qu’elle n’est pas dans ma classe !


#11

En vous lisant l’un et l’autre, je réalise que mes questions n’étaient pas à leur place dans ce sujet destiné à partager un bon plan technique ! Je vous prie de m’en excuser.

J’espère cependant qu’elles trouveront leur place ailleurs, parce qu’il me semble essentiel justement de s’interroger sur le rôle de chacun, et d’arrêter de penser que la place des enfants est à l’école, celle des parents au travail, celles des personnes âgés en maison de retraite, celle des bébés à la crèche ! Pourquoi imaginez-vous immédiatement des parents qui soient sur le dos des enfants pendant toute la journée de classe ? Non, ils peuvent venir occasionnellement, et partager un moment de vie avec tous les enfants. Il n’y a rien de drôle selon moi à partager son rôle d’enseignant avec d’autres adultes, à proposer à un parent de venir lire une histoire, animer un atelier de danse, venir cuisiner…des parents, des grands-parents, des frères et sœurs ! On a tous à apprendre les uns des autres. Si on explique pas à tout le monde ( même à sa maman !) que oui, un enfant peut manipuler un ipad, peut manipuler des choses qui se cassent, et qu’on ne leur donne pas l’occasion de venir le constater par eux-même jusqu’à qu’ils soient convaincus, comment les mentalités vont pouvoir changer ?

J’entends tout à fait que cela ne vous plaise pas de trop ouvrir l’école aux parents,mais je me suis sentie blessée que vous tourniez cela à la dérision car d’autres le font et en tire un grand bénéfice, et une grande joie ( dans des écoles alternatives, mais j’en suis sûre aussi dans le public). Il faut que chacun se sente libre de fonctionner comme il pense être le mieux pour lui et pour les enfants, mais dans la mesure où l’élan de ce forum est de révolutionner l’école, je pense qu’il est important d’interroger ces choix ensemble !

Mais pour le faire, je pense qu’il est préférable de basculer sur un autre sujet afin que celui-ci retrouve sa place initiale !


#12

Ce que je trouvais drôle, c’était l’idée de voir les mères des adultes de mon école surgir dans leur quotidien au travail. Ce que j’imaginais, c’était cela et rien d’autre. Et oui, cela m’a fait rire.
Désolée de vous avoir blessée, ce n’est absolument pas vos propos qui me font rire. Et je ne les tourne pas à la dérision.
Par ailleurs, je pense qu’une discussion technique ne doit pas faire l’impasse d’une réflexion en amont sur l’utilisation de la dite technique et de ses répercutions sur nos vies. Toute proportion gardée, on pourrait penser notamment à Pierre et Marie Curie.
Lorsque je suis arrivée dans mon école maternelle, les parents laissaient leurs enfants à l’ATSEM qui venait les chercher au portail et ne rentraient jamais dans la classe. En maternelle ! Je me suis battue pour changer les choses. Aujourd’hui, non seulement ils les accompagnent, mais les parents qui le souhaitent s’installent même à l’accueil à un atelier avec leur enfant (c’est l’enfant qui doit choisir l’atelier par contre). Tous les parents des futurs PS viennent, de façon échelonnée, assister à au moins une matinée dans ma classe avec leur enfant. Certains parents nous accompagnent aux sorties, beaucoup viennent à la piscine avec nous, dans l’eau pour ceux qui ont passé l’agrément et dans les vestiaires pour les autres. D’autres parents viennent jouer d’un instrument de musique, chanter ou lire un album dans leur langue d’origine de façon plus ponctuelle…Lors de la réunion de rentrée nous leur avons demandé de nous signaler leurs talents pour pouvoir nourrir d’éventuels projets ; une maman viendra faire un reportage photo des enfants en motricité… L’année dernière la famille (grand père, oncle…accompagnés par le papa) d’une enfant est venue nous présenter des fruits de la Réunion, île dans laquelle ils vivent. Bref, ce n’est pas parce que je pense qu’il faut que chacun respecte la place de l’autre que je n’inclus pas les parents dans l’école. Mais pas tous. Certains parents, au demeurant très ouverts et sympathiques, ne seront pas sollicités par moi pour nous accompagner parce que je vois comment réagissent leurs enfants lorsqu’ils sont là et que ces enfants ont besoin de conquérir leur propre espace pour pouvoir grandir. Lorsque cela sera le cas, je reconsidérerai ma position.
Je me souviens d’un papa qui, en réunion de rentrée, avait suggéré que je filme ma classe en continu afin que les parents puissent, via un site, depuis leur lieu de travail regarder leur enfant à l’école lorsqu’ils le souhaitaient. Je lui ai gentiment, avec le sourire, répondu que j’étais d’accord à condition que de leur côté les parents filment quotidiennement les alentours de la télé, les repas et le coucher de leur enfant. Cela a fait rire tout le monde et personne ne s’est senti blessé. Respect du rôle et de la place de chacun et dialoguer avec les parents pour que la confiance s’installe.
Encore désolée de vous avoir blessée, ce n’était absolument pas le but.


#13

Je suis profondément d’accord avec l’idée que l’école soit un lieu ouvert à tous et transparente dans son fonctionnement ! Je souscris à tout ce qu’a écrit Zartine.
Je vous concède aisément qu’une demi-journée puisse sembler un peu court mais tous les parents ne se précipitent pas pour repondre à mes invitations et ils en ont parfaitement le droit! Savoir que leur enfant est content de venir suffit à beaucoup et je le comprends tout à fait.

Pardonnez-moi si je vous ai blessé mais j’ai senti (abusivement peut-être) dans vos propos - notamment quand vous évoquez la déscolarisation - le parfum de ce discours devenu récurrent qui consiste à envisager l’école uniquement comme un lieu hostile alors qu’il est d’abord à mes yeux un lieu de rencontre.
Ces parents constamment inquiets, qui finissent par mettre leurs gosses dans le privé ( de plus en plus d’enseignants du public le font…honte à eux!) ou les déscolariser, nuisent à ce que l’école publique a (avait?) de plus beau, la mixité sociale.

En tant que parents, nous avons le devoir de lutter contre ce besoin de toujours voir et savoir ce que font nos enfants, contre cette pulsion scopique qui empêche nos enfants et les rétient dans nos jupes! Refaire confiance ; à son enfant et aux Autres!

Je réitère mes excuses.


#14

Non, honte sur personne.
On ne sacrifie pas son enfant sur l’autel de l’idéal de mixité sociale dans les établissements publics, et même si on enseigne soi-même dans le public.
J’ai fait le choix d’enseigner dans le public par conviction, et je n’envisage pas un instant de le quitter. Pour autant je ne me sens pas responsable des erreurs politiques qui mènent au désastre dans certains établissements. Et si le besoin se fait sentir, je n’hésiterai pas une seconde à déscolariser un de mes enfants.
La question s’est posée l’année dernière pour mon fils aîné qui subissait une très grande malveillance (le terme est faible !) de la part d’autres enfants, et il savait que s’il le souhaitait il pouvait arrêter d’aller au collège. Notre devoir de parent c’est avant tout de protéger nos enfants, coûte que coûte.

En revanche je te rejoins totalement sur le discours de plus en plus prégnant selon l’école serait avant tout un lieu hostile. Mais voilà, rassurer les familles (y compris les plus pénibles :stuck_out_tongue_winking_eye:), ça aussi ça fait partie de notre travail. En ouvrant vos classes comme vous le faites, vous y contribuez grandement et c’est vraiment génial !


#15

Merci pour vos retours et vos précisions, et vos excuses !

Même, si elle n’était pas nécessaire parce que l’on s’en doutait, cet échange apporte une fois de plus la preuve que la communication est un art, et que l’on laisse vite prendre trop de place à ce que l’on croit deviner, parfois à tort, parfois à raison, entre les lignes !

Non, je ne considère pas l’école comme un lieu toujours hostile. Il peut l’être, j’ai été trop souvent témoin de violence éducative pour affirmer le contraire. Mais si je défends le choix de ne pas scolariser les enfants, je défends tout autant le droit à une école publique, respectueuse et bienveillante ( ce qu’elle n’est pas globalement pas à mon sens, sinon on ne serait pas là à essayer de la révolutionner et Céline Alvarez n’aurait pas eu besoin d’écrire ce merveilleux ouvrage !). J’aime simplement que l’on soit libre ! Libre de passer du temps avec ses enfants, libre de les confier sereinement pour la journée à des personnes en qui on a confiance, libre de choisir de le scolariser à l’école, de le scolariser à la maison, ou de ne pas le scolariser du tout. Je crois aussi profondément que l’école peut être un lieu de rencontre, et un merveilleux lieu de rencontres, d’apprentissages coopératifs, à condition qu’elle se décloisonne, qu’elle deviennent un lieu de rencontre entre des personnes d’âges vraiment différents.

Évidemment, chacun a sa vie, et les parents comme les enfants ne sont pas toujours ensemble lorsque l’un ou l’autre fait une grande découverte. Ma crainte est simplement que les images se substituent à des moments d’être ensemble si cela est trop fréquent. Je suis d’accord avec vous, les parents n’ont pas besoin de voir et savoir ce que font leurs enfants en permanence, malheureusement, à trop les séparer, on arrive parfois aussi à un triste constat : des parents qui, parce qu’ils ne passent pas assez de temps avec leurs enfants, ne savent pas quels sont leurs véritables centres d’intérêts, ne sont pas capables d’observer eux-mêmes leurs progrès et leurs apprentissages, des parents et des enfants dont les liens se défont petit à petit.

J’étais surprise que vous imaginiez spontanément que je parlais d’inviter une foule de parents en permanence en classe, que vous associez les parents à des personnes que l’on a sur le dos…Outre le fait que ce ne soit pas ma vision des parents, mon propos initial n’allait guère plus loin que tout ce que vous faites donc déjà : parents qui accompagnent les sorties, proposent leurs talents, passent quelques heures dans la classe ! Je pensais simplement à cela, en me disant que cela pourrait peut-être être encore plus encouragé et fréquent uniquement !

Merci encore pour toutes ces précisions, je vais continuer de parcourir ce forum qui est une mine d’or, et qui donne de l’espoir pour voir apparaître une autre école ! Merci pour votre investissement, je vous assure que pour moi qui ai croisé sur mon chemin tant de personnes malveillantes au sein de l’institution ces dernières années, c’est vraiment rassurant, galvanisant et merveilleux de vous lire !


#16

Je comprends parfaitement qu’on sorte son enfant d’une situation de souffrance par tous les moyens nécessaires.
Je visais ici plutôt ceux qui s’assoient sur leur idéal de vivre-ensemble, leur amour du prochain dès que leur pavillon est trop près de la cité voisine et condamne le pauvre chéri à côtoyer les gens d’en face! Ceux qui n’essaient même pas en fait.
Pour avoir fait pas mal de Cm2, j’ai l’impression que le contournement de carte scolaire est plus fréquent que la violence entre les enfants et qu’on mesure mal -il me semble- à quel point cela est néfaste pour tout le monde.

Sinon l’application Seesaw est vraiment chouette ! (pardon de mettre égaré en chemin…)


#17

bonjour

pour see saw, comment fait on concrètement je bloque.
faut-il que les parents s’inscrivent en amont pour pouvoir poster des photos?


#18

Si je comprends bien,non!
Tu installes l’appli (version class pour toi) puis tu crées ta liste d’élèves, tu remplis pour chacun son dossier de photos, de vidéos, de textes ou de liens.
Ensuite, tu pourras inviter les parents à télécharger l’appli (version “parent”) et à flasher le QRcode propre à leur enfant que l’appli aura généré ( faudra juste les imprimer). Autrement dit, tu peux essayer l’appli sans que jamais les parents ne le sachent…

C’est pas toujours simple pour les parents à installer mais avec ton aide bienveillante en quelques minutes c’est plié! (pour ceux qui n’ont pas de smartphone tu pourras leur communiquer une adresse internet qui leur permettra de se rendre sur une page web dédiée et sécurisée avec les mêmes fonctionnalités que l’appli).

Un mois d’utilisation et je confirme tout le bien que j’en pensais…Comme cahier de liaison, ça peut s’avérer aussi très pratique!


#19

MErci pour nous voir donné cette astuce, je suis ravie et les parents aussi


#20

Bonjour,

Est-ce que certains d’entre vous travaillent avec “Seesaw” à la place de faire un cahier de vie et avec l’application “Je valide” à la place du carnet de suivi ?

Flavienne.