Où en sont vos élèves au mois de janvier ?


#43

D’abord ton bilan me parait extra, surtout en année 0 !
Tout n’est pas parfait ? Ah ben oui c’est normal !
Sinon pour certaines choses qui ne te vont pas, oui il y a des solutions !
D’abord pour les Atsem : nous ne pouvons pas faire comme Céline faisait avec Anna qui était une Atsem hors norme, diplômée d’une école Montessori si je ne me trompe pas, et avec des compétences humaines et professionnelles qui dépassent les nôtres, diplômées de l’Education Nationale sans formation valable pour autant… Donc nous, avec ce que nous sommes et avec nos Atsem multitâches, dont la formation est aussi à des années lumière de ce que faisait Anna, nous sommes obligées de faire autrement.
Voilà comment je fais avec la mienne : je lui imprime la liste des enfants (j’ai des PS/MS) avec en face de chaque prénom, un ou plusieurs ateliers ou plateaux qu’elle peut leur proposer dans la semaine… Je peux lui déléguer beaucoup d’ activités pratiques et sensorielles, plus les cartes de vocabulaire et les premières activités mathématiques… Depuis que nous faisons comme ça, elle ne s’ennuie plus en se demandant quoi faire dans la classe, et elle se montre très efficace ! Je n’hésite plus à mettre 5 ou 6 propositions pour chaque enfant, comme ça elle peut aussi choisir ou laisser le choix à l’enfant… Et parfois elle arrive à tout présenter ! Les tableaux de suivi avancent bien plus vite, et les enfants s’autonomisent donc plus vite aussi… Je ne m’attends plus, par contre, à ce qu’elle “veille au calme” de la classe pendant que je fais mes présentations : ce n’est pas son rôle, ce n’est pas de sa responsabilité, alors c’est à moi de m’occuper de ça, d’autant que c’est bien le plus difficile… Je lui demande seulement d’intervenir “comme elle le sent” “dans son champ visuel et auditif”… Et moi j’en fais autant, dans toute la classe… Donc oui, c’est moi qui m’interromps chaque fois que nécessaire, et pas l’Atsem… Maintenant que j’ai compris que c’est comme ça que c’est normal, nous sommes plus à l’aise toutes les deux dans la classe…
Pour tes élèves perturbateurs, si tu t’occupes plus d’eux c’est qu’ils ont plus besoin de toi que les autres… Et tu n’as pas à culpabiliser pour ça, au contraire ! Ce n’est pas facile, mais tu le fais de ton mieux… Oui, je sais, tu te dis que tu devrais mieux garder ton calme avec ces enfants difficiles qui ont le chic pour te le faire perdre, justement, et t’occuper un peu plus aussi des autres… Je crois que nous en sommes toutes un peu là, qu’on y passe toutes et qu’on y repassera toutes aussi… Chaque année il y a un ou plusieurs enfants qui nous touchent particulièrement, et nous feraient bien devenir chèvres… Dans cette démarche les enfants perturbés sont peut-être plus visibles que dans les classes “classiques”, car non seulement ils perturbent les autres et la classe, mais ils nous accaparent bien plus… Ben oui, et c’est comme ça qu’ils vont progresser, en n’étant pas laissés seuls avec leurs problèmes, en nous obligeant à leur trouver ce qui leur convient et à nous occuper d’eux le plus possible… Les enfants “perturbateurs” sont des enfants qui ont absolument besoin de nous, de notre soutien, de notre attention, de notre amour… Ils progresseront dans leur comportement au fur et à mesure que nous progresserons dans le nôtre vis à vis d’eux et vis à vis de toutes les situations qui nous stressent…
Donc la “solution” par rapport aux enfants difficiles, c’est de prendre soin de soi… trouver le temps de faire des activités ressourçantes, pour son propre bien-être et uniquement pour ça… cultiver la gratitude, méditer, s’essayer à la pleine conscience, tester l’EFT, la méthode TIPI, se faire masser, masser quelqu’un qu’on aime, rire, déconner, rayonner, apprendre à se laisser rayonner d’amour et de joie, en famille, entre amis, à l’école… et trouver le moyen d’arriver fraîche et joyeuse chaque matin en classe… se souvenir que TOUS les enfants font de leur mieux, toujours… comme nous d’ailleurs… Se souvenir qu’avant de reprendre un enfant, oui on le stoppe, fermement s’il le faut, mais aussitôt après, on recrée le contact, un contact chaleureux et joyeux, aimant… et seulement quand cette connexion de coeur à coeur est rétablie, on peut si c’est vraiment nécessaire, et avec beaucoup de tact et surtout de respect, délivrer notre message éducatif…
Je n’y arrive pas tout le temps non plus, mais j’y arrive de mieux en mieux… ça fait 2 ans que je suis lancée, et l’an dernier a été difficile, avec 31 PS/MS dont plusieurs PS en grande difficulté relationnelle, j’étais épuisée à la fin de chaque matinée ! Mais cette année, mes terribles sont en MS, ils sont toujours difficiles, mais incomparablement moins ! Et ils progressent aussi dans leurs apprentissages… Et moi aussi j’ai appris, ma patience a souvent été mise à rude épreuve, et souvent elle a lâché, mais à force de vouloir faire mieux, moi aussi je progresse… Et cette année, il faut dire que je n’ai plus que 26 élèves, ça va tout de suite mieux, je me félicite chaque jour où j’ai su préserver une belle ambiance dans la classe, et si je n’ai pas l’impression que c’est le cas, je cherche ce qui s’est passé de positif, pour lequel je peux continuer à m’aimer et à m’encourager, plutôt que l’inverse… comme pour les enfants ! Je prends soin de moi aussi comme ça, et ça marche ! Je me sens plus zen, plus joyeuse aussi, en classe et en dehors !
Courage, et prends vraiment soin de toi avec tout l’amour que tu mérites tellement !


#44

Je partage les jolis conseils d’@isa, toujours aussi bienveillante ! Merci Isa :heart_eyes:.

J’ajouterais qu’il ne faut pas que tu oublies que tes élèves ont derrière eux un ou deux ans (voire plus si ils ont fait une TPS) de fonctionnement traditionnel. Ils ont déjà pris l’habitude qu’on leur dise quoi faire, et qu’ensuite on leur dise si c’était bon ou pas. Et comme il se peut que ce soit aussi le cas pour nombre d’entre eux à la maison, ton fonctionnement les perturbe forcément.
A Gennevilliers il n’y avait pas de GS la première année. Dans cette classe, les enfants avaient au plus un an de tradi derrière eux, et il me semble que Céline raconte que c’est pour ceux-là que ça a été le plus difficile. Si tu gardes l’année prochaine une partie de ta classe, il y a des chances pour que cela aille déjà mieux.

A toi de voir aussi, si tu peux faire des aménagements pour les enfants qui semblent ne jamais savoir quoi faire. J’ai le même problème que toi avec ma classe, et avec certains enfants j’impose une activité “sérieuse” (au choix parmi quelques unes), avant de les autoriser à “vaquer”. Au début je ne voulais pas le faire, je me disais qu’ils finiraient bien par s’y mettre d’eux-même, mais les mois passant, et mon stress qu’ils n’entrent pas suffisamment dans les apprentissages et que les écarts se creusent avec le reste du groupe (au grand désespoir de ma maîtresse de CP!) grandissant, j’ai cédé. Et en fait ils sont très heureux de la situation. Ils avaient sans doute besoin de ce coup de pouce pour entrer dans le plaisir de faire au lieu de tourner en rond (nous ne voulons pas produire des générations de procrastinateurs n’est-ce pas :smile:). On verra si petit à petit, un projet personnel naît de cette activité…


#45

Merci pour ces messages, ça me touche, j’ai la larme à l’oeil, merci, c’est très ressourçant, je vais suivre tous ces conseils, et oui de fait, mes " perturbateurs" progressent aussi :smile:.
Très bonne semaine à chacun et chacune🤗.