Permaculture scolaire


#61

Nous avons tous vécu des journées au cours desquelles tout semble partir en vrille. Rien ne se passe comme prévu. Le climat est électrique, le temps est à l’orage, ou à la neige. Dans ces cas, on joue la montre. Et quelques activités toutes prêtes ou improvisées nous permettent de sauver les meubles. Pas forcément de grands objectifs pédagogiques individualisés. Mais quand même, on révise des notions. On n’est pas encore dans l’animation de groupe, même s’il n’y pas de honte lâcher prise parfois sur le scolaire à tout prix. Voici quelques exemples d’activités qui me permettent de gérer ces temps de transition. Et de mieux rebondir par la suite. Laissez vous aussi vos témoignages.


#62

Les temps de déplacements par exemple sont des transitions propices aux débordements. J’essaie de les ritualiser pour cadrer ces moments où certains petits ont besoins d’être rassurés. Cela détourne l’attention, évite les pleurs.

Depuis la rentrée, je marque un petit rythme (trois temps suivi d’une pause) pour capter la file des enfants. Je profite de ce moment de regroupement imposé, en rang, pour mener des comptine (123 nous irons au bois…), des séances de phonologie (geste de Borel Maisonny).

Comme les temps de regroupement se font rares sur la journée en travail libre autonome, je “rentabilise” donc ces moments formels que sont les petits déplacements réguliers. Je relâche assez la pression toute la journée de travail, les enfants choisissent leurs activités, prennent leur temps. Ils peuvent donc se concentrer cinq minutes le temps qu’ils sont en rang.

Et pour les plus long déplacements en extérieur, on en profite pour rechanter tout notre répertoire de chansons. :microphone::grinning:


#63

Le temps de récréation est également un temps particulier de relâchement, tant pour les élèves que pour les adultes. On a tendance généralement à le considérer comme en marge des apprentissages. Je ne connais pas de collègues qui fasse de préparations, de progressions sur ce temps qui représente tout de même une demi-heure chaque matin et chaque après-midi. J’ai essayé ; des présentations de chaque jeux, sur plusieurs niveaux de difficulté, comme je fais avec mes activités de classe. Puis j’ai laissé tombé en pratique car je partage la cour avec des collègues ont choisi de laisser les enfants libres en récréation. Mais je garde l’idée.

Je conserve tout de même de cette expérience une tentative de cohérence entre les règles de la classe et celle de la récréation. On utilise les messages clairs pour communiquer, résoudre des conflits, dans la bienveillance. On peut garder un jeu aussi longtemps qu’on le souhaite. On demande, on ne prend pas des mains. On range soi même ce qu’on l’on a sorti. Si on laisse un jeu la temps d’aller aux toilettes par exemple, on est rassuré car personne ne l’aura pris d’ici à ce que l’on revienne.

Enfin, je laisse la récréation de l’après-midi n’est pas obligée. Je laisse la possibilité aux élèves qui se réveillent tout juste de la sieste de rester tranquillement travailler en classe. Et souvent je saute tout simplement ce temps pour prendre plus notre temps l’après-midi. Je renvoie au sujet que j’avais ouvert sur le sujet : “La récréation de l’après-midi est-elle bien nécessaire ?” Sous réserve que chaque collègue accepte de gérer sa classe et que l’on ne soit pas tributaire de services de récré, ce qui n’est en rien institutionnel, mais peut poser des problèmes en équipe comme l’a souligné cette collègue. D’où l’importance de rester maître de sa classe pour pouvoir s’adapter librement, tout en souplesse face aux imprévus.

Je garde aussi des ces année où j’étais coincé dans une petite classe tout en longueur l’habitude d’ouvrir la porte sur l’extérieur quand la météo le permet. Les enfants qui le souhaitent peuvent alors travailler dehors. Mais c’est un temps de travail, dans le calme, exactement comme à l’intérieur.

Voilà donc comment transformer des contraintes de temps, d’espace, en autant opportunités pour modifier ses pratiques de façon constructive.